Le graillon de Guillaume Déloire (Editions des Vanneaux)

« Mon sujet

c’est ma zone d’activité

comme d’autres ont leur jardin secret

moi j’ai ma zone industrielle

mon sujet

je peux rouler dessus

marcher errer rêver m’y perdre

quand je pénètre la zone, je suis comme en alerte

je vois tout

j’entends tout »

Comment préserver la mémoire de la vie ouvrière. Comment construire l’histoire de ces zones industrielles qui disparaissent, après cette pandémie qui nous a mis face à une pénurie de masques, nous a interrogés sur notre indépendance industrielle et médicale. Ce recueil qui se présente sous la forme d’un journal tenu entre 2011 et 2016, mêlant vers libres et prose poétique liés par une résonance, est un livre d’utilité publique. C’est un livre politique conduit depuis une Fiat 126. Guillaume Déloire, petit-fils d’ouvriers, visite la zone industrielle de Gennevilliers, l’avenue Louis Roche, lentement, tandis que camions et voitures la sillonnent. Liens avec nos aïeux  – ceux qui ont construit nos routes, les usines Delachaux, General Motors –, soudure humaine et voyage intérieur sont les pôles d’une épopée ethnologique.

Le poète sillonne l’avenue Louis Roche au volant de sa Fiat pétaradante qui gémit, réclame sa part d’huile et de réparation, parfois l’envoie là où « se côtoient la ferraille et le bétail, huile graisses chairs et sang d’origines mécaniques et animales » Redessinant un paysage fantomatique depuis son artère principale que les camions et marginaux peuplent, le poète bifurque, explore ses hangars abandonnés ; apprivoise ses hommes soudés par une vie d’oubliés, d’ouvriers encore accoudés au père qui va bien, au café Europa, à l’église devenue la brasserie La Pagode. Il s’attarde « sur le haut de l’avenue près de la semoulerie » ; se fait accepter par ce monde de la débrouille, « la femme d’Arezki se rend bien compte que je prépare un petit héritage avant que plus personne ne s’en souvienne, avant que plus personne n’en parle ». Il se nourrit à leur table, perce leurs secrets. Dévoile le sien, son projet, « je dis photographie et poésie, poésie surtout », explore cette part d’héritage qui le constitue, lui petit-fils d’ouvrier, « traque/ l’esthétique des camions-pizza/ les vestiges et les fantômes/ et sur les murs de salpêtre/ des derniers restos ouvriers de l’avenue Louis Roche/ les couchers de soleil géants ». Il noue une relation avec un type « bourru mais magnétique, ça pourrait être Jim Harrison. C’est la tendresse dans son regard que je traque ». Avec Micky le chaudronnier né à Paris qui n’a pas la nationalité française, « si tu savais le nombre de papiers qu’ils demandent pour devenir français, c’est tout juste si ils te demandent pas le ticket de métro avec lequel t’es venu pour déposer le dossier », Nikola  qui habite une camionnette et avant était ferrailleur, le gérant kabyle du Café Europa qui sert du bœuf bourguignon avec du vin d’Algérie, « les types étaient soudés disent-ils ».

Au menu : tripes et foie. Le voyage consiste d’abord à se réconcilier avec « la viande, les abats  et tout ça. » L’errance, ou du moins ce qui pourrait s’apparenter à de l’errance se convertit en course-poursuite poétique : l’oeil traque, la main note – toujours. L’artère explorée brille de tous ses mystères, « la lumière tombe sur la rue/ nous sommes dans un autre pays » Le poète renverse les normes esthétiques. « On prend les feuillages des arbres pour la fumée des usines, on les confond, quand on ne tient pas dans ses mains les cartes postales, mais qu’on les regarde en mauvaise qualité sur un écran, on ne voit pas bien, on s’imagine. Je me suis encore perdu ce matin mais j’étais heureux, et finalement je n’étais pas bien loin de là où je voulais aller…» Il saisit la « lumière virevoltante/ de type soleil après la pluie/ la fumée des usines et le ciel métallique » Le poète s’amuse, intègre l’expérience, devient burlesque quand il évoque son épouse « Elise, jalouse de l’avenue Louis Roche. » S’en suit une rencontre : « J’ai rencontré une rue ce matin… et même si au bout du compte toutes les rues mènent à l’avenue Louis Roche, ce matin j’ai pris un autre chemin ». Il parcourt les rues non explorées, réalise ses analogies, pérennise son geste avec un appareil photographique, fait converger le regard d’Elise avec sa quête, met en scène sa pensée qui devient voyage épique « je photographie Le quartier, je photographie pour moi, je connais bien l’avenue Louis Roche, mais cette rue je ne la connaissais pas. »

« il y a une vie insoupçonnée

derrière les façades qui se lézardent

beaucoup de logements désignés

comme insalubres par la ville

[…]

nous ne sommes plus en 2015

cette journée n’a plus d’âge

je continue il avait raison il y a de quoi faire

je parle sans crainte aux gens que je rencontre

j’avance à visage découvert »  

Il suffirait pourtant de carreler cette vie d’avant. Mais le mystère que le carrelage recouvre n’en serait pas moins prégnant. Même au Café Portugal, tenu par des portugais, la gérante a pleuré devant le miroir fendu pendant la guerre par un obus qui a été transformé par un artiste en tronc prolongé par des grappes de raisin « quand elle a découvert que d’anciens locataires avaient remplacé ce chef-d’œuvre par du carrelage ».

Sans emphase ni envolée, la poésie de Guillaume Déloire est une poésie qui se tient au plus près de la réalité des vies ouvrières, et rassemble des tableaux dispersés dans des vers aérés ou condense ses questionnements dans une prose poétique serrée. Toujours avec une langue simple et mélodieuse, un registre syntaxique au plus près de ses préoccupations, au plus près de la géographie explorée, son intériorité et son exploration géographique coïncident, « au fond de moi quelque chose me guide ». Le paysage désolé se remplit ; le lecteur s’approprie la multitude d’images de zones vite sillonnées déjà aperçues, s’insinue dans les  blocs rampants, rentre dans le cadre cinématographique comme dans un road-movie américain, s’invite dans le voyage, ressent les sentiments du poète.

Puis, nous partons explorer la suite, par un chemin. On découvre la « dernière réserve d’indiens ».

« ici m’est donné à voir

ce que serait aujourd’hui l’avenue Louis Roche

si elle était restée prospère

je me dépêche et pousse la porte

du Café de l’Avenue

impérial, majestueux, magnifique

comme si rien n’avait bougé depuis 1970

je commande un noir sur le zinc

un vieux

chapka en alpaga

mocassins blancs

est assis dans un coin

je suis ébloui par la clarté de l’endroit

les luminaires, le bouquet de fleurs jaunes

qui dialogue avec l’épaisse poignée de porte en verre jaune

d’une autre époque

je photographie

sans d’autre autorisation que celle que je me donne

je vante la beauté des lieux au patron

il me dit qu’un film a été tourné ici autour de mai 68

Après mai d’Assayas, oui c’est ça ».

La touche lyrique est à rebours d’une esthétisation qui pourrait paraître artificielle, loin de la sublimation métaphorique comme quand le poète décrit la scène de l’habitué qui évide son avocat :

« la table à laquelle il déjeune

a l’air de lui être réservée à vie

elle jouxte une fenêtre

qui laisse entrer une lumière qui rend tout superbe

l’éclat du rosé dans le verre

l’avocat bien qu’évidé

et cet homme et ses vêtements

comme depuis que l’avocat est terminé

tout s’est immobilisé

j’en déduis que cet homme en faisait son repas

de l’avocat »

Cadrage sous un rayon de lumière : la main du poète toujours présente, pérennise la table réservée à vie. Et quand « un rayon de soleil/ fait d’un verre de bière/ une féérie de noël/ sur le verre de bière/ le liquide jaune n’en finit pas de scintiller/ je remarque que le papier peint au coucher de soleil/ est dédoublé par le mur opposé et son large miroir/ que le serveur regarde régulièrement/ pour observer ses clients/ plutôt que de les regarder directement». Le poète a la conscience de celui qui transforme comme le serveur qui observe ses clients sur fond de papier peint au coucher de soleil. « La lumière tombe sur la rue/ nous sommes dans un autre pays », puis la « rue Arsène Houssaye se détache de la carte ». Et lorsqu’il retourne de l’autre côté, chez les non-manuels, lorsque le poète revient à sa vie d’employé, qu’il assiste à un concert à la philarmonique, le son est clair « presque transparent ». Encore trop empli de cette rue, le concert semble « glisser » sur lui. « Et cette fraternité de fortune, simple mais franche et solide dont j’avais été témoin, me rappelait les films néo-réalistes italiens de l’après-guerre que je n’ai pas vu mais dont je devine l’humanisme exagéré. » Et la poésie se charge de politique, critique l’humanisme exagéré de l’autre côté de la frontière, dans la zone Culture.

Le poète sonde la sincérité du propos. C’est une poésie où le cœur est au centre, l’épure sauve ce que le langage médiatique ensevelit, la fameuse « gentrification ». Une poésie qui redessine le contour d’une transparence perdue, donne à voir notre pays déformé par la loupe médiatique, par l’œil de la culture bourgeoise. Nous décrit le brassage culturel sous l’angle ouvrier, avec un regard humaniste, un regard tendre, loin du langage effusif des « transfuges », fabriqué sans sincérité aucune que l’on nous sert habituellement.

La poésie de Guillaume Déloire est au service de son sujet. A rebours d’une poésie de Vies Minuscules qui s’adresse à un lecteur savant, ici l’épure de la langue s’adresse à chacun. C’est une poésie où le petit-fils d’ouvrier tente de rétablir le geste solidaire avec une langue solidaire. Une langue qui construit une poésie d’attaches. Juste avant de refermer la boucle, avant ce moment décisif « qui menace d’amputer ma vie d’une force d’amour, de rituels précieux […] Madeleine va donc mourir […] ma grand-mère va mourir et je me rends bientôt à son chevet […] partout où elle allait elle conversait avec le monde, au Sénégal ou en Tunisie par exemple, elle tenait des discours enflammés aux jeunes travailleurs pour qu’ils défendent leurs droits […] Nous ne savions pas que ce serait son dernier été, celui de ses 97 ans. »

Le graillon ; Guillaume Déloire ; Editions des Vanneaux ; 2018.

Ma maison

Ma maison je la voudrais sans loi, les volets
De guingois, habillée de pierres rouges, poreuse
Et verdie par les herbes hautes d’une prairie habitée.

Ma maison, les hirondelles la tissent, rassemblent
Les tuiles de ciel dans une infinie ronde ; hystériques,
Sèment leurs cris – Victoire ! Victoire ! – écartent les voix.

Ma maison, ce sont les fenêtres sans vitres qui l’assiègent
Le soleil comme la nuit ; ma table au centre et ses veillées à peau
Frileuse comme ses conquêtes soyeuses rabattent ses volets percés.

Vie du poème de Pierre Vinclair (Editions Labor & Fides)

Il y a quelque chose d’extrêmement touchant dans la manière qu’a le poète Pierre Vinclair d’aborder la fabrique du poème. Il y a chez lui cette conscience de la détermination réciproque de l’effort tendu – du don – et de sa réception.

Dans cet essai, Pierre Vinclair analyse rétrospectivement comment tous ses poèmes se sont formés, comment il a appris à les redresser, pour leur donner une « dignité » dans un effort tendu vers un lecteur donné. Après une période où il a dressé les axes d’un projet pour une résidence de Kyoto, il a appris à entrelacer les trajectoires déterministes et le hasard, à inviter les anachronismes dans son histoire, à dégager de sa succession de notes prises sur le vif une sonorité urbaine, dans un marché-crawlé dans les rues des grandes villes où s’activent les travailleurs transparents. Il fait danser ses phrases âpres en s’adressant à ses frères, en racontant une vie mangée par la laideur ; il est sans cesse interrompu dans ses gestes quotidiens par les gestes prosaïques des vies d’ailleurs.

Doté d’une conscience aigüe de l’importance de la réception d’une œuvre, du jeu qui se joue derrière cette réception, Pierre Vinclair n’aime pas flouer son public. Et, chose rare, il saisit pour vous toutes les étapes intermédiaires avant de tirer les fils du nœud final,

avant l’instant où les

« Mots, vers, strophes sonnets filent en dialectique

Le discret et le continu, cousent un rythme :

Une unité retient l’autre en figure, écho

Ouvert, puis clos à terme sur le mètre échu.

            La prose a besoin d’un volcan pour sa lave

            avance – et le poème est un carillonnage. »

( Sonnet 36 de « Sans adressse» )

Il vous donne ce que peut donner un poète de terrain. « Je dis que le poème est dressé, je pourrais dire redressé ― au même sens où on dit à quelqu’un d’avachi de se redresser pour la photo : le poème final n’est plus en coulisses comme sa version de carnet. Il pose dans l’espace public, il sait qu’on le regarde, il est sur scène. J’expliquerai dans un prochain chapitre la parenté que je lui trouve avec le rituel. » Et il illustre ce redressement par des exemples concrets, comment il reprend ses vers jetés sur le vif, concentre sa vision, comment « une forme apparaît peu à peu dans ce redressement, et dans cette forme le type de dire qui définit l’existence et la dignité du poème. Une nouvelle expérience prend alors le relais, qui se déploie cette fois dans l’attention, non au réel, mais aux possibilités de la langue. »

Pierre Vinclair raconte les crises qui l’ont fait, les amitiés qui l’ont nourri, les poèmes adressés. Les poètes qui ont jalonné son parcours, en particulier dans son investissement politico-poétique – Claude Pinson qu’il a invité dans la revue Catastrophes, d’où sont nés « La Sauvagerie » et « Agir non agir » parus l’an passé.  Un passage traçant un rapide tour d’horizon du courant moderniste nous rappelle judicieusement que toutes les écoles de cette riche période, malgré les batailles de prises de pouvoir, nous ont légué un héritage qui  « consiste essentiellement en un point, qui empêche de le restreindre à un courant, à savoir : le refus de faire du poème une activité séparée de la vie, qui consisterait, comme de la broderie, à orner par un recours à une rhétorique traditionnelle élaborée (avec ses rimes, ses strophes, etc.) des discours idéalistes ou édifiants. Mis à l’endroit, cette définition négative devient : le modernisme est une tentative de rendre compte de la vie par l’exploration formelle. »

La langue de Pierre Vinclair s’est nourrie entre la médiathèque de Nantes au rayon poésie qu’il a souvent fréquenté, la scansion rapide de lignes de rap écrites pendant son adolescence, la rigueur de sa formation scientifique (sans cesse une recherche de consistance, d’unicité, de définition d’une base de projection), sa formation philosophique, sa lecture assidue des objectivistes américains, son travail de thèse à travers l’œuvre de William Carlos Williams, Paterson, ses traductions du Chinois, du Japonais et de l’Anglais (lire à ce propos les très belles traductions de John Donne qu’il a récemment postées sur Catastrophes).

A l’heure où la parole se fait flot, ce livre est une belle invention. Parce que les fabriques à illusions prolifèrent. Pour illuminer une opacité entretenue, faire briller un déclaré Grand Ecrivain de quelques pages supplémentaires à la Sainte Beuve (grand-père, père, mère, la vie dure, voyez comme j’ai souffert… ) qui viendront compléter les photos des carnets étalés. Les traits tirés. Renforcer les postures. Il y a un vrai renversement de valeurs dans cet essai : Pierre Vinclair choisit d’installer la pérennité du geste poétique, le distribue à qui veut s’en saisir, relance la machine du poème. Tout est élan.

Je finirai par cette citation de mon cru : « Aujourd’hui, était dissipée l’obscurité qui divise les sexes et qui abrite, bien dissimulées, d’innombrables impuretés et, si ce que dit le poète de la vérité  et de la beauté est vrai, la tendresse d’Orlando gagna en beauté ce qu’elle perdit en mensonge. » Virginia Woolf (traduction de Catherine P-Musard)

PS : On pourra compléter la lecture de « Vie du poème » par l’indispensable « Sans adresse », très beau recueil de sonnets qui revisite l’intime, s’accroche au monde à travers les tours de Shangaï, brise son propre élan par un sarcasme, avec un goût prononcé pour le Conceit, (a comparaison becomes a conceit when we are made to concede likeness while being strongly conscious of unlikeness, définition du Conceit par Margaret Llasera).

Un printemps bas

C’était un été sûr
Où l’on regardait
La place muette derrière les persiennes closes
Poubelles et reste de côtes
Pastèques vivantes aux yeux pépin
La nuit sans lune suçait
Les yeux des lampadaires
Et les voitures écrasées
Répétaient toujours le même discours

On observait devant chaque
Vitrine éclairée
La chaussée enluminée
Projeter
Un horizon vague
Et l’œil plissé
Trait de lumière emmurée
La vue sans fuir et la vue sans faire
Répétaient toujours le même discours

Depuis le printemps bas
L’on voyait crépiter
Le monde muet comme un avion
Souterrain
Fore et voit sa terre remuer
Une mousse d’argile
Que le soleil creuse
Et les bêtes sans bruit
Répètent soudain le seul discours

Rita dR — Printemps Quatre-Temps 2020

Tierce mineure

Délicate, vive, prudente. Un temps qu’elle n’a joué à ce jeu, trois qualificatifs pour une main sont à peine suffisants. Bien assez pour connaître une personne. L’exercice a été difficile, trop d’ellipses. Et puis son regard la trahirait, la situation devenait ambigüe, alors elle s’est concentrée sur sa bouche, ses yeux.

Non ses mains, retournons aux mains : délicates, vives, prudentes. Elles finiront par déborder. Pour l’instant tout est très calme, le débit est lent, la parole est neutre. Elle les scrute – discrètement bien sûr. Prudentes mais élégantes, les deux mains joliment galbées, des doigts arrondis, un index se soulève, n’indique rien de particulier. Se stabilise par à coups comme une aiguille de boussole Continuer la lecture de « Tierce mineure »

La poêle du monde


Comme chaque jour depuis des millénaires, le soleil a disparu. Il a disparu à la vitesse d’une noix de beurre qui fond sur la poêle du monde. Un embrasement inversé comme une fissure au cœur du monde. Millions de têtes chaudes qui se pressent autour d’un repas, un fastueux repas de roi de Namibie, une poignée de riz dans une eau bouillante d’où émergent et disparaissent des tronçons de tiges creuses. 
 
Au parc national d’Etosha, une lionne se dirige lentement vers sa tanière, avec les pattes d’un bébé zèbre qui s’agitent dans sa gueule. 

Mais ici aucune de ces images ne survit. Ici les oiseaux dirigent le monde ; ils chantent le monde, écartent d’un coup d’aile le ciel qui n’est pas ciel, fendent d’un coup de bec un diaphane rideau de pluie, taisent les coups de gronde, aplatissent la terre où la douleur du monde est tapie entre chaque grain.

Une fois les oiseaux apaisés, une fois leur vaste tâche accomplie, un drap bleu couvre la surface de la mer. Ça et là des plis aux reflets moirés comme une paix qui se gondole.

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