{"id":84,"date":"2020-05-14T15:48:00","date_gmt":"2020-05-14T13:48:00","guid":{"rendered":""},"modified":"2023-01-22T15:24:55","modified_gmt":"2023-01-22T14:24:55","slug":"un-jeune-garcon-de-catherine-vigourt-editions-stock","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=84","title":{"rendered":"Un jeune gar\u00e7on de Catherine Vigourt (Editions Stock)"},"content":{"rendered":"<div style=\"clear: both; text-align: center;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><a style=\"clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;\" href=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-uWlqj5iRWPw\/Xr1YY7CdeAI\/AAAAAAAAGFc\/0qIi9xt7-LwYor-_Sqz8tjZya-GfOXdigCLcBGAsYHQ\/s1600\/Catherine_Vigourt3.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-uWlqj5iRWPw\/Xr1YY7CdeAI\/AAAAAAAAGFc\/0qIi9xt7-LwYor-_Sqz8tjZya-GfOXdigCLcBGAsYHQ\/s320\/Catherine_Vigourt3.png\" width=\"237\" height=\"320\" border=\"0\" data-original-height=\"718\" data-original-width=\"534\" \/><\/a><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">Aujourd\u2019hui, les succ\u00e8s faciles et convoit\u00e9s par nos amis \u00e9crivains ont \u00e9tabli une r\u00e8gle dans le vaste \u00ab march\u00e9 \u00bb du livre : il n\u2019existe presque plus de livres \u00e0 \u00ab croissance organique \u00bb. Il faut soulever le lecteur (et non sa propre plume) d\u00e8s la premi\u00e8re page, et donc c\u2019est souvent la dynamique inverse qui domine sur les tables de nouveaut\u00e9s.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">Alors, quand commence un livre par <b>\u00ab Un jeune gar\u00e7on, tr\u00e8s beau, sourit dans le soleil \u00bb<\/b>, et que les id\u00e9es (de meurtre) s\u2019articulent, que d&rsquo;un souvenir \u00e0 l&rsquo;autre \u00e9merge une histoire, s\u2019\u00e9l\u00e8ve et escalade la col\u00e8re, que l\u2019aveu de l\u2019image tant convoit\u00e9e, boule de feu prot\u00e9iforme, jaillit d\u2019un volcan jamais \u00e9teint, et qu\u2019enfin retombent les \u00e9tincelles lumineuses d&rsquo;un r\u00e9cit vers l\u2019accomplissement final ; eh bien quand tout \u00e7a a eu lieu, je me r\u00e9jouis.<!--more--><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><b>\u00ab Un jeune gar\u00e7on, tr\u00e8s beau, sourit dans le soleil.<br \/>\nJe vois un visage de mon fr\u00e8re que je n\u2019ai jamais connu. \u00bb<\/b><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">Voici une entr\u00e9e en mati\u00e8re pour le moins sobre et fragile \u2013 nuances ou contrastes, une image obscure. Une qu\u00eate de cet \u00eatre jamais connu ou de cette lumi\u00e8re inconnue. Est-ce que cette histoire de soleil est dramatique ? Oui. Est-ce que le drame a une fronti\u00e8re mouvante dont il est impossible de d\u00e9limiter les fronti\u00e8res au risque d\u2019y rest\u00e9 enferm\u00e9 ? Oui aussi. Le soleil va jouer son r\u00f4le, et \u00e9clairer la figure, ou du moins d\u00e9placer la figure centrale du r\u00e9cit. De lui, l\u2018\u00e9picentre : le fr\u00e8re. D\u00e9former les fronti\u00e8res et d\u00e9placer la narratrice. A grands coups de sabre, de pens\u00e9es assassines et de costumes \u00e9piques. De temps en temps, en coup de vent-phrase, <\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">il y a <b>\u00ab fr\u00e8re Deux \u00bb<\/b> qui participe \u2013 si peu \u2013 et qui est un <b>\u00ab m\u00eame fr\u00e8re \u00bb<\/b>. Et le p\u00e8re, droit, qui ne comprend pas et ne semble jamais avoir appris \u00e0 comprendre. Et enfin la m\u00e8re, douce et prisonni\u00e8re de son amour de m\u00e8re, ind\u00e9finiment patiente et compr\u00e9hensive selon les codes de l\u2019ancien monde.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">Chacun est dans son r\u00f4le.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">Pla\u00e7ons donc un \u0153il dans le judas de cette trag\u00e9die dont le personnage central en djellaba bleue <b>\u00ab dont il pr\u00e9tend que Rimbaud portait la m\u00eame dans les d\u00e9serts d\u2019Abyssinie \u00bb<\/b> scande des phrases r\u00e9volutionnaires, puis habite une maison en communaut\u00e9 aux volutes planantes \u00e0 Arcueil,<b> \u00ab une utopie n\u00e9palaise flottant sur les coussins jet\u00e9s \u00e0 flots le long de table basses \u00bb<\/b>. Ce fr\u00e8re qui crie sa rage peut se montrer s\u00e9ducteur ou mena\u00e7ant. Faire prosp\u00e9rer un commerce obscur, porter des griffes de luxe. Finir en taule ou se r\u00e9fugier dans les jupes de sa m\u00e8re. Invoquer <b>\u00ab une famille unie pour le soutenir \u00bb<\/b>. Ecrire ses injonctions depuis une cellule de prison quand il a besoin d\u2019argent. Infliger \u00e0 sa s\u0153ur une demande pressante et une journ\u00e9e cauchemardesque quand le besoin imm\u00e9diat et urgent de remplir son r\u00f4le de p\u00e8re et de manger une cr\u00eape avec sa fille se dresse. C\u2019est l\u2019histoire de tous les exc\u00e8s de ce grand fr\u00e8re diagnostiqu\u00e9 schizophr\u00e8ne, ce fr\u00e8re d\u2019une force in\u00e9puisable, en mouvement perp\u00e9tuel, que l\u2019on suit ici. Un fr\u00e8re dont les frasques de commer\u00e7ant prosp\u00e8re, consommateur de shit puis de drogues dures, fier dans sa Mustang grise, grand s\u00e9ducteur, puis p\u00e8re, puis fuyant, puis suppliant, puis insultant, puis violent. Puis \u00e0 terre \u2013 la cirrhose et <b>\u00ab l\u2019h\u00e9patite finale et gagnante \u00bb<\/b> \u2013 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 admis dans pl\u00e9thore d\u2019h\u00f4pitaux et de cliniques psychiatriques. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">Ce livre, c\u2019est aussi une \u00e9poque : mai 68. La p\u00e9riode o\u00f9 le fr\u00e8re vivait dans une maison peupl\u00e9e d&rsquo;une communaut\u00e9 de junkies. C\u2019est la p\u00e9riode de la maison d\u2019Arcueil et des id\u00e9es r\u00e9volutionnaires qui fusent entre deux fum\u00e9es de cigarette planante et une soupe fortifiante. <b>\u00ab Ma question est de savoir ce qui s\u2019est pass\u00e9 \u00e0 la fin des \u00e9meutes. Ce qu\u2019il en est rest\u00e9 ensuite, tout projet dissip\u00e9, toute col\u00e8re rendue \u00e0 la solitude, dans les mois du deuil. Et apr\u00e8s encore, quand les ent\u00eatements se sont fatigu\u00e9s. Et puis des ann\u00e9es plus loin, quand plus personne ne parlait de ce mois de mai-l\u00e0 sans un petit sourire. L\u2019impression d\u2019un chahut d\u2019enfants g\u00e2t\u00e9s qui auraient mal tourn\u00e9. Pas assez mal tourn\u00e9 non plus pour devenir h\u00e9ro\u00efque. Aucun mot n\u2019en fut dit ; nous n\u2019\u00e9voquions pas cette \u00e9poque, comme on \u00e9vite d\u2019aborder un accident de sant\u00e9. Je ne saurais dire en quelle saison de mon fr\u00e8re le printemps de 68 a pu dispara\u00eetre.<br \/>\nJ\u2019ai du mal \u00e0 penser qu\u2019il n\u2019en a pas eu de chagrin. Je crois m\u00eame que l\u2019insurrection s\u2019est d\u00e9vi\u00e9e dans la d\u00e9linquance et la marge. La schizophr\u00e9nie et la drogue ont fait le reste, sans que je sache tout \u00e0 fait comment, dans quel ordre, \u00e0 quel prix. \u00bb<\/b><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">J\u2019ai souvent pens\u00e9 \u00e0 une sc\u00e8ne dans <a href=\"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=106\">ce film<\/a> o\u00f9 l\u2019ancien propri\u00e9taire de Bricorama (dr\u00f4le de co\u00efncidence parce qu\u2019une enseigne de bricolage appara\u00eet \u00e9galement dans ce livre), Jean, raconte avec une mine dramatique ses ann\u00e9es de militantisme dans l\u2019aile extr\u00eame gauche et qu\u2019il songe \u00e0 tous ceux qui ont mal fini.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">Au milieu de tout \u00e7a, il y a soi : <\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><b>\u00ab Il pourrait y avoir une puissance noire et glac\u00e9e happant la cheville.<br \/>\nUne algue humide pourrait trahir sous les pas.<br \/>\nUn vent mauvais se lever et renverser la funambule.<br \/>\nJ\u2019ai avanc\u00e9 jusqu\u2019au bout, en \u00e9coutant craquer les coquillages coll\u00e9s au ch\u00e2taignier. La mer \u00e9tait noire et sonore. Le fanal d\u2019entr\u00e9e clignotait, au loin passaient les rampes vives des grands transatlantiques. Il y avait un peu d\u2019air. Je me tenais l\u00e0 sur ce brin de bois, une mince jet\u00e9e dans le minuscule estuaire d\u2019un tout petit pays, mais le vaste monde me caressait les cheveux. J\u2019\u00e9tais pour lui, il \u00e9tait \u00e0 moi.<br \/>\nJ\u2019avais chaud, j\u2019\u00e9tais essouffl\u00e9e, adonn\u00e9e tout enti\u00e8re \u00e0 ce qui s\u2019offrait l\u00e0 de doux et d\u2019incompr\u00e9hensible dans le noir chuchotant de la mer. J\u2019\u00e9tais vivante, j\u2019avais vingt ans. \u00bb<\/b><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">La maison, ce sont les mots, et les mots rouvrent la maison close. Les connexions se ramifient entre l\u2019enclos ferm\u00e9 des pens\u00e9es obscures, ou effac\u00e9es, le corps qui endosse, le corps qui parle, de plus en plus, la plume qui suit, les mots pleuvent, se pr\u00e9cipitent. La maison de l\u2019enfance s\u2019ouvre. <b>\u00ab Il y avait toujours un instant, au tout dernier moment, sur le banc d\u2019escalier, \u00e0 mi-parcours des cinq \u00e9tages, quand j\u2019attendais que la minuterie s\u2019\u00e9teigne pour repartir en t\u00e2tonnant, il y avait toujours un moment, quand j\u2019\u00e9coutais les rumeurs du soir derri\u00e8re les portes pali\u00e8res, o\u00f9 je me disais : c\u2019est ma maison, tout de m\u00eame, je suis de cette maison-l\u00e0. J\u2019ai la cl\u00e9 de cet endroit-l\u00e0 o\u00f9 vivent des \u00eatres que je connais depuis toujours. \u00bb <\/b><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">Ce roman met \u00e9galement \u00e0 mal la bonne morale que l\u2019on nous inculque, la mauvaise conscience devant les sentiments ambigus qui nous habitent. Il y a ce passage \u00e0 la fois d\u00e9routant et poignant en bout de texte, quand il faut examiner cette fronti\u00e8re entre la vie et la mort. Cette fronti\u00e8re sur laquelle se trouve toute personne au milieu d&rsquo;une telle\u00a0 trag\u00e9die. La maladie qui nous rappelle nos limites quand les forces nous abandonnent. Et quand l\u2019autre chute, la conscience de la mort qui vient. De la mort de celui qui souffre. Et le rappel du danger qu&rsquo;il repr\u00e9sentait, ses crises r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, son empoignade facile. La mort de celui \u00e0 cause de qui il fallait toujours pr\u00e9parer avant d\u2019aller au lit sa paire de chaussure avec le trousseau de clefs gliss\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur au cas o\u00f9. C\u2019est l\u2019histoire de la difficile condition de l\u2019homme-animal traqu\u00e9, sujet d\u00e9licat, rarement abord\u00e9 en litt\u00e9rature : comment organiser sa propre survie ? Le droit \u00e0 la vie de chacun et aussi li\u00e9 \u00e0 la mort de l\u2019autre, et quoiqu\u2019on en pense, une mort peut soulager. Quand tout a \u00e9t\u00e9 essay\u00e9, quand toute une famille souffre d\u2019un handicap lourd, dans ce cas de schizophr\u00e9nie doubl\u00e9e de toxicomanie, la mort d\u00e9livre. <b>\u00ab M\u00eame si la catastrophe est visible elle semble visible \u00e0 ses battements du c\u0153ur sur l\u2019\u00e9cran. Suspendue au souvenir de ce que cet homme fut debout et parlant il y a peu. Suspendue \u00e0 notre propre vie. \u00bb<\/b><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><b><br \/>\n<\/b><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">Ce roman est plus largement un roman sur la qu\u00eate d\u2019identit\u00e9, la place de chacun dans une fratrie. Dans une famille, il y a souvent un enfant qui occupe plus d\u2019espace que l\u2019autre, et l\u2019on sait quand on est parent comme il est difficile de laisser chacun se mouvoir au-del\u00e0 des limites impos\u00e9es par les autres qui r\u00e9clament, que dis-je, qui crient leur besoin de reconnaissance, leur besoin d\u2019amour. Et ce ne sont pas les plus ind\u00e9pendants qui obtiennent le plus de reconnaissance. Voire, ce sont souvent eux qui prennent la charge du trop lourd \u00e0 porter. De ce point de vue, ce texte apporte une lumi\u00e8re sur ceux qui sont de ce c\u00f4t\u00e9 de la barri\u00e8re, qui souvent portent seuls leurs propres probl\u00e8mes, s\u2019\u00e9puisent dans l\u2019indiff\u00e9rence totale, r\u00e9clament leur part de larmes. Mais se rel\u00e8vent gr\u00e2ce \u00e0 cette ind\u00e9pendance acquise \u00e0 l\u2019ombre de l\u2019autre. C\u2019est une question que je me suis personnellement souvent pos\u00e9e de fa\u00e7on plus large m\u00eame dans des familles dites normales : est-ce que l\u2019attention des parents se m\u00e9rite ? Est-ce qu\u2019elle se mesure aux coups de gueule, aux portes claqu\u00e9es ? Est-ce qu\u2019elle cro\u00eet en fonction des failles exhib\u00e9es ?<\/span><\/span><\/div>\n<div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><b><br \/>\n<\/b><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">La plume de Catherine Vigourt est tr\u00e8s mouvante dans ce texte, s\u00e8che et m\u00e9lodieuse quand elle d\u00e9crit ses sentiments, gracieuse et puissante quand elle extrait les sentiments fuyants, lyrique et lucide quand elle sombre, v\u00e9loce et furieuse quand elle d\u00e9crit les d\u00e9bordements du fr\u00e8re. Il y a une vraie souffrance qu\u2019elle empoigne d\u2019abord avec douceur, s\u2019excusant presque, puis charg\u00e9e par la puissance des mots, crescendo, elle monte une pente, puis l\u2019autre. Un r\u00e9cit extr\u00eamement touchant puisqu\u2019il t\u00e9moigne d\u2019une voix longtemps \u00e9touff\u00e9e, dont la puissance explosive transmet cet emp\u00eachement, cet \u00e9crasement longtemps refoul\u00e9.<\/p>\n<div><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">\u00a0<\/span><\/div>\n<div><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">\u00a0<\/span><\/div>\n<div><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><i>Un jeune gar\u00e7on ; Catherine Vigourt ; Editions Stock ; 2010.<\/i><\/span><\/div>\n<div><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><i><\/i><br \/>\n<\/span><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aujourd\u2019hui, les succ\u00e8s faciles et convoit\u00e9s par nos amis \u00e9crivains ont \u00e9tabli une r\u00e8gle dans le vaste \u00ab march\u00e9 \u00bb du livre : il n\u2019existe presque plus de livres \u00e0 \u00ab croissance organique \u00bb. 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