{"id":151,"date":"2018-02-17T13:01:00","date_gmt":"2018-02-17T12:01:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=151"},"modified":"2020-11-22T21:19:12","modified_gmt":"2020-11-22T20:19:12","slug":"la-vie-princiere-collection-linfini-editions-gallimard-et-linvite-revue-linfini-141-de-marc-pautrel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=151","title":{"rendered":"La vie princi\u00e8re (Collection l&rsquo;Infini, Editions Gallimard) et l&rsquo;invit\u00e9 (Revue l&rsquo;infini 141) de Marc Pautrel"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: 'times' , 'times new roman' , serif;\">&nbsp;<\/span><\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times' , 'times new roman' , serif;\">J\u2019ai d\u00e9couvert Marc Pautrel dans le dernier num\u00e9ro (141) de la revue de Philippe Sollers, l\u2019Infini, dans un r\u00e9cit intitul\u00e9 \u00ab l\u2019invit\u00e9 \u00bb. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 s\u00e9duite par son \u00e9criture sobre et ne le connaissant pas, j\u2019ai achet\u00e9 son dernier livre \u00ab La vie princi\u00e8re \u00bb. Les deux textes racontent des rencontres dans un lieu idyllique (une retraite pour chercheurs ou \u00e9crivains en Provence). Le narrateur, un homme, d\u00e9roule ses pens\u00e9es. Sans grande envol\u00e9e lyrique, il nous conte la naissance, l&rsquo;\u00e9volution puis la dissolution du sentiment amoureux. La vie sociale qui nous happe. Chaque r\u00e9cit d\u00e9crit le d\u00e9roulement de ces journ\u00e9es dans ces lieux de retraite : la rencontre \u00e0 deux, la rencontre avec les autres, la rencontre \u00e0 travers le regard des autres, et comme chacun de nous l\u2019a d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu, le cheminement de sa pens\u00e9e, cheminement au cours duquel il revient sur sa filiation, son \u00e9ducation, son origine sociale, sa relation avec sa m\u00e8re.<!--more--><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'times' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'times' , 'times new roman' , serif;\">&nbsp; &nbsp;&nbsp; \u00ab La vie princi\u00e8re \u00bb est une lettre que l\u2019auteur adresse \u00e0 la femme aim\u00e9e apr\u00e8s l\u2019avoir rencontr\u00e9e. La femme lui a annonc\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9part avoir un compagnon. On d\u00e9couvre qu\u2019elle ne le voit que tous les trois mois. C\u2019est une lettre mais aussi une confession. Dans \u00ab l\u2019invit\u00e9 \u00bb, le narrateur raconte son histoire \u00e0 la premi\u00e8re personne. La femme qui occupe ses pens\u00e9es lutte contre ses pulsions, se montre tant\u00f4t rugueuse, tant\u00f4t avenante, <b>\u00abun l\u00e9opard qui se ferait passer pour un chat \u00bb<\/b>.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'times' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'times' , 'times new roman' , serif;\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; J\u2019ai aim\u00e9 le leitmotiv du geste de la main de la femme, <\/span><span style=\"font-family: 'times' , 'times new roman' , serif;\">comme chez Kundera, dans \u00ab La vie princi\u00e8re \u00bb : <b>\u00ab ta main qui oscille comme les paumes de l\u2019a\u00e9roport \u00bb<\/b>, le charme du geste et tous les messages qu\u2019il contient ainsi que l\u2019annonce du d\u00e9part qui s\u2019esquisse. L&rsquo;issue se dessine, se pr\u00e9cise, dispara\u00eet, puis l&rsquo;espoir revient, de fa\u00e7on r\u00e9p\u00e9titive. Je ne vais pas en dire davantage sur ces textes puisque je d\u00e9formerais leurs propos en en parlant trop. Ce sont des textes courts, mais amplement nourrissants, bien plus que beaucoup de pav\u00e9s mal d\u00e9grossis. J\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 le texte de la revue. La revue que vous connaissez tous comporte d\u2019autres textes int\u00e9ressants (r\u00e9cits et essais). Le tirage du livre a \u00e9t\u00e9 fait en peu d\u2019exemplaires, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 dans deux librairies avant de le trouver. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'times' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n&nbsp; &nbsp; &nbsp; Apr\u00e8s relecture, je m&rsquo;aper\u00e7ois que ces deux textes, \u00ab L\u2019invit\u00e9 \u00bb et \u00ab La vie princi\u00e8re \u00bb, gagnent en valeur \u00e0 chaque lecture. Je crois que j&rsquo;aime beaucoup le rythme du r\u00e9cit qui ondule. Chaque envol\u00e9e est interrompue par un soubresaut presque impossible \u00e0 voir venir, puis la musique reprend. Ils sont conduits avec un phras\u00e9 derri\u00e8re l\u2019autre, une modulation, puis une autre ; on pense que l\u2019on va aboutir, le regard s&rsquo;ouvre ; et ensuite on reprend avec un autre phras\u00e9, une autre modulation, un peu comme dans l\u2019impromptu de Schubert op. 90 num\u00e9ro 3. On pourrait lire ce livre plusieurs fois sans s&rsquo;en lasser, comme si la lecture apportait \u00e0 chaque fois une pr\u00e9cision que l&rsquo;on voit venir, que l&rsquo;on pense saisir et qui s&rsquo;\u00e9chappe \u00e0 nouveau. Voici donc deux tr\u00e8s beaux textes \u00e0 lire et \u00e0 relire.<\/span> <span style=\"font-family: 'times' , 'times new roman' , serif;\"><i>&nbsp; \u00ab A pr\u00e9sent elle arrive, un peu en avance, tr\u00e8s confiante en elle, tr\u00e8s professionnelle, nous discutons du s\u00e9jour. Je joue mon personnage d\u2019homme s\u00fbr de lui, et elle de m\u00eame, chacun occupe un r\u00f4le \u00e9loign\u00e9 de sa v\u00e9rit\u00e9 br\u00fblante, je parle beaucoup, elle sourit froidement et avec un grand aplomb, puis finalement au bout de quelques minutes et de propos banals sur la beaut\u00e9 des lieux et le travail que j\u2019ai pu r\u00e9aliser comme pr\u00e9vu, il faut bien que la conversation prenne fin. \u00bb <\/i><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'times' , 'times new roman' , serif;\"><i>Revue L\u2019infini, 141, \u00ab\u00a0l\u2019invit\u00e9\u00a0\u00bb ; Gallimard.<\/i><\/span><br \/>\n<i><span style=\"font-family: 'times' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'times' , 'times new roman' , serif;\">\u00ab Chaque seconde de ce d\u00eener sera donc pour moi sacr\u00e9e, jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re, celle qui nous s\u00e9parera puisque toujours je finis par \u00eatre s\u00e9par\u00e9 des femmes dont je tombe amoureux. \u00bb <\/span><\/i><br \/>\n<span style=\"font-family: 'times' , 'times new roman' , serif;\"><i>La vie princi\u00e8re, collection l\u2019infini ; Gallimard.<\/i><\/span><br \/>\n<i><span style=\"font-family: 'times';\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'times';\">La vie princi\u00e8re(collection l&rsquo;Infini) et l&rsquo;invit\u00e9 (revue l&rsquo;Infini) ; Marc Pautrel ; Gallimard.<\/span><\/i><br \/>\n<i><span style=\"font-family: 'times';\"><br \/>\n<\/span><\/i><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"margin: 0px 0px 13.33px;\">&nbsp;<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; J\u2019ai d\u00e9couvert Marc Pautrel dans le dernier num\u00e9ro (141) de la revue de Philippe Sollers, l\u2019Infini, dans un r\u00e9cit intitul\u00e9 \u00ab l\u2019invit\u00e9 \u00bb. 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