{"id":147,"date":"2018-03-18T15:49:00","date_gmt":"2018-03-18T14:49:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=147"},"modified":"2023-02-12T11:34:35","modified_gmt":"2023-02-12T10:34:35","slug":"epitre-a-madame-ma-main-gauche-de-iouri-bouida-traduit-par-sophie-benech-editions-interferences","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=147","title":{"rendered":"Ep\u00eetre \u00e0 Madame ma main gauche de Iouri Bou\u00efda traduit par Sophie Benech (Editions Interf\u00e9rences)"},"content":{"rendered":"<div style=\"clear: both; text-align: center;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: medium;\"><a style=\"clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;\" href=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-s04W_Q0LTug\/XUfUzFkjnTI\/AAAAAAAAFkE\/kV-TuzyGX9UhXF9PQKxMtY-X5ngQgfv_ACLcBGAs\/s1600\/epitre.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-s04W_Q0LTug\/XUfUzFkjnTI\/AAAAAAAAFkE\/kV-TuzyGX9UhXF9PQKxMtY-X5ngQgfv_ACLcBGAs\/s320\/epitre.png\" width=\"215\" height=\"320\" border=\"0\" data-original-height=\"329\" data-original-width=\"222\" \/><\/a><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>\u00ab \u2026 la vue de la putain nue aux cheveux d\u00e9faits et aux longues jambes noueuses qui est soudain sortie par la porte du mausol\u00e9e en b\u00e2illant paresseusement\u2026 Nous l\u2019avons suivi des yeux jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle soit hors de vue\u200f\u00a0\u00bb<\/b>.<\/span><\/span><\/span><\/div>\n<div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<\/div>\n<p><!--more--><\/p>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans ce recueil, Iouri Bou\u00efda extirpe nos pens\u00e9es les plus t\u00e9n\u00e9breuses, nous entra\u00eene dans nos raisonnements les plus obscurs, sugg\u00e8re une histoire commise par une main gauche qui <b>\u00ab\u200f\u00a0nous emp\u00eache d&rsquo;oublier l&rsquo;existence du mal, laissant \u00e0 la main droite le soin de faire le bien, et nul ne sait ce qui est le plus important\u200f\u00a0\u00bb<\/b>. <!--more--><br \/>\n<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<p><!--more--><\/p>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il ne nous aide pas \u00e0 rentrer dans la peau de ses personnages, aucun artifice ne les rend attachants. Il d\u00e9crit des situations en construisant peu \u00e0 peu un personnage qui pourrait \u00eatre vous. \u00ab<b>\u200f\u00a0<\/b>Dis-moi ce que tu lis et je te dirais qui tu es<b>\u200f\u00a0<\/b>\u00bb est une notion tr\u00e8s bien assimil\u00e9e par Iouri Bou\u00efda. <\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">La premi\u00e8re nouvelle s\u2019adresse \u00e0 la main gauche, les pianistes y trouveront \u00e0 redire, mais il s\u2019agit l\u00e0 de la main gauche selon la symbolique biblique : c\u2019est le p\u00e9ch\u00e9 de la chair, c\u2019est la femme, c\u2019est le si\u00e8ge des \u00e9motions comme au piano, mais c\u2019est la main qui fait ex\u00e9cuter ce qui est difficile \u00e0 ex\u00e9cuter : elle ex\u00e9cute ce qui est r\u00e9pr\u00e9hensible. La fin de cette nouvelle sugg\u00e8re que l\u2019existence contigu\u00eb du mal et du bien est incessante car jamais nous ne nous satisfaisons du vide. Dans cette histoire courte, nous est cont\u00e9e l\u2019histoire de notre civilisation, de l\u2019humanit\u00e9 toute enti\u00e8re. <\/span><\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans la troisi\u00e8me nouvelle, c\u2019est un fils qui voit le trouble que suscite une gravure sur ses parents de fa\u00e7on distinctive ; l\u2019un ou l\u2019autre, jamais les deux en m\u00eame temps.<b> \u00ab\u200f\u200f\u00a0D\u2019ailleurs, j\u2019\u00e9prouvais la m\u00eame chose quand ton p\u00e8re jouait du Tcha\u00efkovski, m\u2019a avou\u00e9 ma m\u00e8re, et la pudeur m\u2019emp\u00eachait de lever les yeux sur les voisins.\u200f\u00a0\u00bb<\/b> Une id\u00e9e a germ\u00e9. La gravure \u00e9voque une femme qui fuit, qui laisse derri\u00e8re elle un trouble, un corps vibrant sans visage, des pantoufles chaudes. Une ombre pr\u00e8s de la fen\u00eatre. L\u2019id\u00e9e s\u2019installe tandis que dans la gravure, <b>\u00ab\u200f\u200f\u00a0<\/b><b>l\u00e0-bas, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de cette porte, une lumi\u00e8re qui vient d\u2019en haut, pure et innocente, ruisselle sur la nuque de la femme\u200f\u00a0\u00bb.<\/b>\u00a0<\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b> \u00ab\u200f\u00a0Lumi\u00e8re d\u2019automne\u200f\u00a0\u00bb<\/b>, r\u00e9sume, il me semble, assez bien l\u2019\u00e9criture de Iouri Bou\u00efda. Il nous raconte comment il a \u00e9t\u00e9 saisi d\u2019une fulgurante prise de conscience de son hypersensibilit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2me humaine \u00e0 travers une vision, des couleurs qui l\u2019ont \u00e9bloui ; il nous \u00e9claire sur le r\u00f4le quasi proph\u00e9tique dont il s\u2019est vu dot\u00e9 depuis l\u2019\u00e2ge de 17 ans et on comprend son \u00e9criture quasi-biblique, fantastico-r\u00e9aliste, tr\u00e8s po\u00e9tique, dont les interpr\u00e9tations multiples peuvent nous \u00e9clairer sur les tr\u00e9fonds de l\u2019\u00e2me humaine tout en nous obligeant \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur nos propres agissements.<\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b> \u00ab Solitude avec vue sur une chambre\u2026 \u00bb<\/b> nous instruit sur l\u2019histoire de la Russie, sur les murs et les bruits de voisinage de la vie communautaire qui fa\u00e7onnent la personnalit\u00e9 de chacun, m\u00eame si auparavant, on a compris que Iouri Bou\u00efda ne vit pas dans un mas ensoleill\u00e9. <b>\u00ab\u200f Le dernier\u200f\u00a0\u00bb<\/b> est une petite histoire de la religion et de son influence sur le monde.<\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans les quatre derni\u00e8res histoires, l\u2019auteur \u00e9voque son rapport \u00e0 l\u2019\u00e9criture, \u00e0 la lecture, au monde, aux \u00e9motions communiqu\u00e9es \u00e0 travers l\u2019\u0153il de l\u2019\u00e9crivain, \u00e0 la finitude. Et tout devient presque clair. Cet \u00e9difice litt\u00e9raire, ces pages blanches noircies, semblent trouver leur sens \u00e0 la fin de ce recueil d\u2019histoires. Il y a une vraie progression dans les textes ; ils ne sont pas mis bout \u00e0 bout au hasard ; on chemine depuis l\u2019enfance, les symboles bibliques, le p\u00e9cher de chair, les incertitudes de la condition d\u2019\u00e9crivain, le regard de l\u2019enfant devenu adulte, la d\u00e9couverte de la mis\u00e8re du monde, les d\u00e9sillusions, l\u2019extr\u00eame solitude humaine ; et puis l\u2019\u00e9criture, la lecture au milieu de cette d\u00e9ch\u00e8terie, seul moyen de transcender la vie, de devenir Dieu, finalement. <\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ne cherchez pas un brin de soleil, il n\u2019y en a pas dans les contr\u00e9es de Iouri Bou\u00efda. Il y a un <b>\u00ab\u200f p\u00e2le soleil d\u2019automne\u200f \u00bb, \u00ab\u200f un cr\u00e9puscule de d\u00e9but d\u2019automne\u200f \u00bb, \u00ab\u200f des nuages mauves flottant dans du cuivre en fusion\u200f\u00a0\u00bb<\/b>, sauf vers la fin : <b>\u00ab\u200f le soleil venait de se lever\u200f\u00a0\u00bb<\/b>. Mais tout est tr\u00e8s po\u00e9tique et philosophique. Et il s\u2019ensuit que chaque rayon de soleil qui p\u00e9n\u00e8tre dans la pi\u00e8ce est une b\u00e9n\u00e9diction que l\u2019on saisit instantan\u00e9ment ! <\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ce week-end, point de soleil. Je l\u2019ai lu en un jour mais ce n\u2019est pas un livre \u00e0 lire d\u2019un trait \u00e0 moins d\u2019avoir un moral d\u2019acier. Il est constell\u00e9 de questions philosophiques et d\u00e9voile \u00e0 chaque fois l\u2019absurdit\u00e9 du monde et les tr\u00e9fonds de l\u2019\u00e2me humaine. Iouri Bou\u00efda peut en deux pages vous plonger dans une grande m\u00e9lancolie et comme son \u00e9criture est po\u00e9tique, l\u2019\u00e9tat m\u00e9lancolique, une saign\u00e9e lente et profonde, \u00e0 cause \u2013<b>\u200f\u00a0<\/b>ou gr\u00e2ce<b>\u200f\u00a0<\/b>\u2013 \u00e0 la po\u00e9sie descriptive, dure quelques heures apr\u00e8s la lecture du livre. La plaie devient assez vite purulente et ne se referme pas de sit\u00f4t. Je souhaite bon courage \u00e0 celui ou celle qui entreprendrait de mener une th\u00e8se de fin de cycle sur cet auteur\u2026<\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Je d\u00e9couvre un immense \u00e9crivain. Une d\u00e9couverte comme on en fait rarement dans une vie de lecteur, un peu comme un lecteur d\u00e9couvrirait pour la premi\u00e8re fois Kafka. C\u2019est aussi une tr\u00e8s belle traduction par Sophie Benech qui en a exhal\u00e9 toutes les saveurs. Il me semble que le travail est particuli\u00e8rement m\u00e9ritant dans le cas de cet auteur qui fait \u00e9merger une histoire \u00e0 partir des \u00e9motions suscit\u00e9es et non l\u2019inverse. Chaque phrase est reli\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente avec fluidit\u00e9 ; tous les mots sont soigneusement r\u00e9fl\u00e9chis pour faire \u00e9merger la sensation qui va confirmer un peu plus la pr\u00e9c\u00e9dente de fa\u00e7on it\u00e9rative. Ces textes sont \u00e0 la fois surprenants, \u00e9mouvants, d\u00e9paysants tout en \u00e9tant intelligibles.<\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Ep\u00eetre \u00e0 Madame ma main gauche ; Iouri Bou\u00efda ; traduit par Sophie Benech ; Editions Interf\u00e9rence (2010).<\/i><\/span><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab \u2026 la vue de la putain nue aux cheveux d\u00e9faits et aux longues jambes noueuses qui est soudain sortie par la porte du mausol\u00e9e en b\u00e2illant paresseusement\u2026 Nous l\u2019avons suivi des yeux jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle soit hors de vue\u200f\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[16,6],"tags":[],"class_list":["post-147","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-editions-interferences","category-livres-lus"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/147"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=147"}],"version-history":[{"count":24,"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/147\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1695,"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/147\/revisions\/1695"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=147"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=147"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=147"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}