{"id":1453,"date":"2022-06-17T08:50:16","date_gmt":"2022-06-17T06:50:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=1453"},"modified":"2024-07-08T13:44:22","modified_gmt":"2024-07-08T11:44:22","slug":"interview-menee-par-justine-rocher-a-loccasion-de-la-sortie-de-lenfance-de-parker","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=1453","title":{"rendered":"Interview men\u00e9e par Justine Rocher (lectrice de Babelio) \u00e0 l&rsquo;occasion de la sortie de l&rsquo;enfance de Parker"},"content":{"rendered":"\n<p>Question&nbsp;: Qu\u2019est ce qui a initi\u00e9 l\u2019\u00e9criture de ce livre, comment l\u2019id\u00e9e t\u2019est-elle venue&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Rita des Roziers&nbsp;: Pour \u00eatre honn\u00eate, je voulais \u00e9crire quelque chose de l\u00e9ger, de fantaisiste et de r\u00e9confortant. Et finalement l\u2019histoire de l\u2019enfance de Parker s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e plus profonde qu\u2019elle n\u2019en a l\u2019air. A la surface, ce livre accueille le lecteur dans une atmosph\u00e8re chaude, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une biblioth\u00e8que vivante desservie par l\u2019\u00e9l\u00e9gant couloir d\u2019une grande demeure anglaise. Derri\u00e8re les rideaux de velours, des r\u00f4tis luisants se dressent&nbsp;sur une nappe proven\u00e7ale. Et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, dans le jardin, des foug\u00e8res entre les arbres accrochent la lumi\u00e8re, dissimulent une veste coupable et un amour contrari\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais quand on \u00e9carte les feuilles de foug\u00e8res, que l\u2019on soul\u00e8ve la nappe ou enfile la veste coupable, il se passe des choses.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Question&nbsp;: Est-ce que tu peux me d\u00e9crire ton livre en quelques mots&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>R dR&nbsp;: L\u2019enfance de Parker est l\u2019histoire d\u2019une crise familiale. C\u2019est un livre qui raconte la fugue d\u2019une jeune arch\u00e9ologue Virginia qui abandonne la r\u00e9gion prosp\u00e8re du Sud de la Grande Bretagne, amant, meilleure amie, fr\u00e8re et s\u0153ur, et part \u00e0 la poursuite d\u2019un vestige enfoui dans les landes du Nord.<\/p>\n\n\n\n<p>Question&nbsp;: Comment as-tu structur\u00e9 ton livre et pourquoi as-tu d\u00e9cid\u00e9 que le narrateur serait le majordome&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>R dR&nbsp;: Cette fugue est en effet racont\u00e9e par le majordome. Je voulais un narrateur ext\u00e9rieur aux pr\u00e9occupations de Virginia. Il me semblait qu\u2019il \u00e9tait pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019excentrer le point de vue, m\u00eame&nbsp;si c\u2019est Virginia et Frizzy qui me sont apparues le plus clairement quand j\u2019ai d\u00e9marr\u00e9 cet ouvrage. Et je voulais surtout un personnage loin des id\u00e9aux de la bouillonnante Virginia. Un moi social oppos\u00e9. Je n\u2019\u00e9tais pas forc\u00e9ment consciente \u00e0 ce moment-l\u00e0 de tous ces choix, mais je pense que j\u2019avais besoin de m\u2019inscrire contre la domination du \u00ab&nbsp;Je&nbsp;\u00bb, ce moi de l\u2019auteur qui offre rarement un livre de port\u00e9e universelle, et qui \u00e9puise notre capacit\u00e9 d\u2019imagination, organe primordial. L\u2019imagination est un organe et non une id\u00e9e abstraite. Je pense qu\u2019elle se travaille, qu\u2019elle contribue \u00e0 installer l\u2019auteur au centre d\u2019un processus qui entra\u00eene son cerveau \u00e0 acqu\u00e9rir une certaine \u00e9lasticit\u00e9, lui permet de transgresser les normes, de bousculer les interpr\u00e9tations automatiques que les r\u00e9cits normatifs r\u00e9p\u00e8tent sans cesse. C\u2019est un organe qui permet de modifier notre perception de l\u2019exp\u00e9rience et donc notre regard sur le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Question&nbsp;: D\u2019o\u00f9 la citation d\u2019Olga Tokarczuk en exergue&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>R dR&nbsp;: Tout \u00e0 fait. \u00ab&nbsp;Nous observons, mesdames et messieurs que le \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb humain s\u2019hypertrophie, devient de plus en plus distinct et pr\u00e9sent. Par le pass\u00e9, le \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb \u00e9tait discret, avait tendance \u00e0 s\u2019\u00e9clipser, \u00e0 rester soumis au collectif. [\u2026]&nbsp;\u00bb Le moi soumis au collectif, donc. Je crois en la n\u00e9cessit\u00e9 de transformer notre litt\u00e9rature pour qu\u2019elle renoue avec notre existence r\u00e9elle, qu\u2019elle fasse entendre le battement de nos pas affol\u00e9es par tous les fl\u00e9aux du monde actuel, rong\u00e9 par l\u2019individualisme, l\u2019app\u00e2t du gain, l\u2019argent-roi. Il ne suffit pas de d\u00e9signer ces fl\u00e9aux et de lire des essais pertinents sur le sujet pour les combattre. Il faut aussi transformer notre mani\u00e8re d&rsquo;agir.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes normalement libres de nos actes dans nos contr\u00e9es occidentales, mais la&nbsp;\u00ab&nbsp;libert\u00e9&nbsp;\u00bb a un dr\u00f4le de sens aujourd\u2019hui. D\u2019ailleurs on constatera que m\u00eame quand les gens sont libres de voter, ils ne votent pas. La libert\u00e9 est une vague notion galvaud\u00e9e. Et on a compl\u00e8tement oubli\u00e9 qu\u2019elle n\u2019est pas seulement jouissance individuelle, mais une notion soumise au collectif. Il faut s\u2019imaginer le monde aujourd\u2019hui comme une \u00e9norme toile avec une foule de pions qui s\u2019entrechoquent et r\u00e9clament un espace de libert\u00e9. Les r\u00e9seaux sociaux nous le d\u00e9montrent tous les jours. De plus, la libert\u00e9 de chacun est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 sa propre ind\u00e9pendance financi\u00e8re, or notre soci\u00e9t\u00e9 n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi in\u00e9galitaire. Ce qui cr\u00e9e le climat r\u00e9seau-soci\u00e9tal que l\u2019on conna\u00eet. Pour \u00eatre libre de nos propres mouvements et se mouvoir sans cogner l\u2019autre, il faut aussi que cet autre ait un espace o\u00f9 vivre, une voix qui vive, une pens\u00e9e qui puisse se d\u00e9ployer, se heurter \u00e0 celle d\u2019autrui, s\u2019y confronter.<\/p>\n\n\n\n<p>Question&nbsp;: Pourquoi as-tu situ\u00e9 ton r\u00e9cit dans la r\u00e9gion du Hopeshire en 56&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>R dR&nbsp;: Nous avons v\u00e9cu une p\u00e9riode terrible. Souvenons-nous de l\u2019h\u00e9catombe au d\u00e9but de la pand\u00e9mie. Et nous entrons dans une p\u00e9riode de guerre sociale et climatique. Les armes ne sont plus les m\u00eames. Les victimes, les morts sont plus difficiles \u00e0 voir. Ils occupent un espace de moins en moins facile \u00e0 d\u00e9limiter. Ce ne sont pas des corps \u00e9tendus cribl\u00e9s de balles. Et j\u2019ai naturellement repris les th\u00e8mes qui me pr\u00e9occupent&nbsp;aujourd\u2019hui&nbsp;: la parole partag\u00e9e, la distance sociale, l\u2019incompr\u00e9hension. L\u2019intimit\u00e9 selon le milieu social, le mode de vie. La catharsis par l\u2019expression artistique. Et aussi le rituel, le geste quotidien. Le geste de la main.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps et l\u2019espace d\u00e9finissent un socle, l\u2019histoire se situe en 56 mais en r\u00e9alit\u00e9, les th\u00e8mes trait\u00e9s dans \u00ab&nbsp;L\u2019enfance de Parker&nbsp;\u00bb sont universels.<\/p>\n\n\n\n<p>Question&nbsp;: A quoi correspond le plumeau magique auquel tu fais r\u00e9f\u00e9rence en quatri\u00e8me de couverture&nbsp;? Y a-t-il un symbole derri\u00e8re&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>R dR&nbsp;: Oui, le monde du plumeau magique est un monde o\u00f9 l&rsquo;on interroge nos peurs, peur de la mort, peur de basculer dans un monde nouveau, peur de ne pas se sentir utile, peur d\u2019\u00eatre jug\u00e9, de ne pas \u00eatre aim\u00e9. C&rsquo;est un instrument simple d\u2019utilisation pour un homme muni d\u2019une main qui en quelque sorte r\u00e9fl\u00e9chit et sonde les profondeurs de son \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>Question&nbsp;: Tu te situes en quatri\u00e8me de couverture dans le droite ligne du modernisme. Peux-tu d\u00e9velopper&nbsp;? Te sens-tu rattach\u00e9e \u00e0 ce courant litt\u00e9raire&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>R dR&nbsp;: Non, je ne me sens rattach\u00e9e \u00e0 aucun courant. Ce qui me constitue est propre \u00e0 mon histoire, \u00e0 l\u2019\u00e9poque dans laquelle je vis, \u00e0 mes crises personnelles, ma curiosit\u00e9, \u00e0 mon app\u00e9tit de lecture. Ensuite, l\u2019\u00e9criture telle que je l\u2019aime et la d\u00e9fend, c\u2019est celle qui rend au lecteur son pouvoir de lecteur, d\u2019interpr\u00e8te. Ce pouvoir lui est r\u00e9guli\u00e8rement confisqu\u00e9 par un marketing toujours plus bruyant. Le trajet que l\u2019on construit depuis son propre foyer imaginaire pour rencontrer et interpr\u00e9ter la parole de l\u2019autre est un p\u00e8lerinage. C\u2019est comme cela que se construit une litt\u00e9rature que l\u2019on esp\u00e8re universelle, un texte qui agit sur notre perception. Quand j\u2019\u00e9cris un livre, j\u2019en ressors transform\u00e9e. Je souhaite qu\u2019il en soit ainsi pour le lecteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Si je devais situer mon \u00e9criture \u2013 actuellement, parce qu\u2019\u00e9videmment cela pourrait changer dans l\u2019avenir \u2013, j\u2019\u00e9cris comme une portraitiste. Je m\u2019attache \u00e0 donner vie \u00e0 mes personnages tels qu\u2019ils s\u2019offrent \u00e0 moi sur le plan di\u00e9g\u00e9tique, en scrutant leurs gestes, en sondant leur intimit\u00e9 \u00e0 travers leurs agissements. Cela provient probablement de mon \u00e9ducation orientale.<\/p>\n\n\n\n<p>Et pour revenir au modernisme ou aux modernismes, j\u2019y fais r\u00e9f\u00e9rence surtout pour insister sur l\u2019intimit\u00e9 que je sonde, avec le souci d\u2019\u00e9tablir un lien avec l\u2019autre. Avec les autres cultures. Le modernisme a touch\u00e9 tous les arts au d\u00e9but du si\u00e8cle dernier et a modifi\u00e9 notre rapport au r\u00e9el. C\u2019est un courant qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 avec toutes les r\u00e9percussions que l\u2019on conna\u00eet \u00e0 un moment de crise dans notre soci\u00e9t\u00e9. Et nous sommes \u00e0 un moment de crise profonde o\u00f9 je pense que les r\u00e9cits nombrilistes n\u2019ont plus de place. O\u00f9 notre mode de vie guid\u00e9 par les lois du marketing a engendr\u00e9 une soci\u00e9t\u00e9 fortement individualis\u00e9e, avec une dictature de l\u2019\u00e9v\u00e8nementiel dans le monde des livres affolante qui ne peut plus alimenter nos becs affam\u00e9s de sens, avides d\u2019\u00e9tablir une nouvelle fa\u00e7on d\u2019\u00eatre au monde, avides d\u2019agir sur le cours de nos pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Question&nbsp;: Quel conseil donnerais-tu \u00e0 tout \u00e9crivain d\u00e9butant&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>R dR&nbsp;: Il faut sceller un pacte avec le Dieu du sommeil. Il faut croire en son pouvoir, lui offrir son corps endolori, s\u2019absoudre de tout. Et il faut \u00e9couter son corps qui re\u00e7oit le bruit du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Question&nbsp;: Et un conseil plus pratique&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>R dR&nbsp;: Beaucoup lire. Et surtout bien lire. Je crois en la transformation du corps, en la capacit\u00e9 du corps-esprit bien nourri de produire un texte nourrissant \u2013 se transformer tout en restant soi. Chacun doit trouver sa voie. Je suis une lectrice qui aime beaucoup relire. Et chaque relecture m\u2019apporte un angle de vue diff\u00e9rent. J\u2019essaie \u00e9galement d\u2019\u00e9crire des textes avec plusieurs clefs de lecture, les r\u00e9\u00e9cris encore et encore. Plusieurs dizaines de fois. Je n\u2019aime pas le jetable. Je lis essentiellement de la litt\u00e9rature traduite, anglaise et russe. Un peu de litt\u00e9rature fran\u00e7aise. Si je devais d\u00e9crire une particularit\u00e9 qui m\u2019est propre&nbsp;: j\u2019\u00e9cris toujours la premi\u00e8re et la derni\u00e8re phrase dans un m\u00eame \u00e9lan. M\u00eame si je ne sais pas o\u00f9 je vais, quel chemin je vais emprunter. Je n\u2019atterris pas forc\u00e9ment sur cette phrase \u00e0 la fin, mais elle se retrouve en derni\u00e8re page. Et puis je fais confiance \u00e0 la premi\u00e8re page qui, si elle est conduite sans effet de manche pour \u00ab&nbsp;accrocher&nbsp;\u00bb le lecteur, enracine un texte qui se d\u00e9ploie avec une croissance organique, biologique et sans engrais. &nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Question&nbsp;: Tu es pr\u00e9sente depuis longtemps sur Twitter. Que t\u2019apporte cette pr\u00e9sence et penses-tu que ce m\u00e9dia apporte quelque chose \u00e0 la litt\u00e9rature.<\/p>\n\n\n\n<p>R dR\u00a0: Oui, je le pense. Evidemment, Twitter me permet d\u2019\u00e9tablir des liens avec mes lecteurs. Mais je n\u2019ai pas que des retours de lectures\u00a0sur mes textes et je ne propose pas que des angles de lecture sur d\u2019autres textes\u00a0: j\u2019ai aussi des lecteurs-contributeurs r\u00e9guliers qui sont devenus des amis et m\u2019aident quand je cherche des r\u00e9f\u00e9rences, m\u2019int\u00e9resse \u00e0 un sujet particulier. J\u2019informe mon r\u00e9seau de mes lectures en cours, des perles que je d\u00e9niche, de mes sujets de recherche. Je pioche des id\u00e9es de lecture. Depuis mon site personnel o\u00f9 po\u00e9sie, critiques et chroniques se r\u00e9pondent et s\u2019interrogent, je poste des liens. Ces contributions d\u2019apparence disjointes, en r\u00e9alit\u00e9 se nourrissent mutuellement. Par exemple dans \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=1324\">Le petit lion<\/a>\u00a0\u00bb  o\u00f9 j\u2019invoque Mandelstam et \u00e9cris-voyage entre trois p\u00f4les.<\/p>\n\n\n\n<p>Je parle \u00e9galement souvent de peinture. La peinture catalyse ma cr\u00e9ativit\u00e9 et me permet de traverser cette fronti\u00e8re \u00e9tonnante entre repr\u00e9sentation d\u00e9sirante et production artistique. Par exemple dans ce <a href=\"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=80\">texte<\/a>  o\u00f9 je parcours les all\u00e9es du jardin de Monet, me fait balloter entre les vagues de Woolf tout en m\u2019interrogeant sur mon rapport \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Il en ressort que la composition de mes personnages est centrale et je le vois bien dans mes textes.<\/p>\n\n\n\n<p>Question&nbsp;: Deux mots sur la litt\u00e9rature contemporaine, son avenir&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>R dR&nbsp;: Quel est le d\u00e9fi de la litt\u00e9rature contemporaine ? Je pense que le d\u00e9fi pour chacun est de rapprocher, de cr\u00e9er des liens entre ce qui n&rsquo;a pas de lien, ceux qui n\u2019ont pas de liens. Les r\u00e9seaux ont pris une telle importance dans notre vie, qu&rsquo;ils nous ont bien malgr\u00e9 nous format\u00e9s dans ce sens. La litt\u00e9rature contemporaine doit trouver un moyen de traduire notre monde actuel avec une grille de lecture pleine de singularit\u00e9s saillantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Interview men\u00e9e par Justine Rocher @LaccrochePlume.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Question&nbsp;: Qu\u2019est ce qui a initi\u00e9 l\u2019\u00e9criture de ce livre, comment l\u2019id\u00e9e t\u2019est-elle venue&nbsp;? Rita des Roziers&nbsp;: Pour \u00eatre honn\u00eate, je voulais \u00e9crire quelque chose de l\u00e9ger, de fantaisiste et de r\u00e9confortant. Et finalement l\u2019histoire de l\u2019enfance de Parker s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e plus profonde qu\u2019elle n\u2019en a l\u2019air. 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