{"id":136,"date":"2018-09-18T14:35:00","date_gmt":"2018-09-18T12:35:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=136"},"modified":"2020-11-22T21:10:35","modified_gmt":"2020-11-22T20:10:35","slug":"la-douce-indifference-du-monde-de-peter-stamm-traduit-par-pierre-deshusses-editions-christian-bourgois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=136","title":{"rendered":"La douce indiff\u00e9rence du monde de Peter Stamm traduit par Pierre Deshusses (Editions Christian Bourgois)"},"content":{"rendered":"<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">Dans la derni\u00e8re <a href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/la-dispute\/litterature-la-douce-indifference-du-monde-une-vie-en-lair-ca-raconte-sarah-et-reelle\">\u00e9mission d\u2019Arnaud Laporte<\/a>, les membres de l&rsquo;\u00e9quipe de La Dispute s&rsquo;escrimaient au sujet du contenu de <i>\u00ab\u00a0La douce indiff\u00e9rence du monde\u00a0\u00bb<\/i> de Peter Stamm ; les uns trouvaient le roman facile \u00e0 raconter, les autres irracontable. Personne n\u2019\u00e9tait d\u2019accord sur le point de d\u00e9part de l\u2019histoire, mais les quelques structures du r\u00e9cit qui ressortaient et les impressions contrast\u00e9es promettaient une histoire riche et universelle.<\/span><br><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\">Tout ceci a \u00e9videmment aiguis\u00e9 ma curiosit\u00e9, d\u2019autant que je connais Peter Stamm et que j\u2019ai un petit faible pour lui. Alors j\u2019ai fait un crochet par la librairie \u2013 je voulais v\u00e9rifier qui disait la v\u00e9rit\u00e9 \u2013 et j\u2019ai pris le dernier livre (d\u00e9tail amusant quand on a lu le texte). Puis je l\u2019ai lu en moins d\u2019une journ\u00e9e.<!--more--><\/span><br><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif;\"><br><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Alors de quoi parle ce livre ? De vie et de fiction. Un sujet tellement galvaud\u00e9\u2026 Mais attention, il s\u2019agit de Peter Stamm, et Peter Stamm a une extr\u00eame aisance pour faire appara\u00eetre et dispara\u00eetre ses personnages comme dans un th\u00e9\u00e2tre d\u2019ombres chinoises. Il sait s&rsquo;y prendre. Il nous pose une question qui relance les m\u00e9canismes de la m\u00e9moire : et s\u2019il vous \u00e9tait donn\u00e9 l\u2019opportunit\u00e9 de revivre une histoire d\u2019amour, une de celles qui ont compt\u00e9 ? Et si elle se pr\u00e9sentait un jour, cette actrice, celle qui rejouerait le r\u00f4le de l\u2019\u00eatre aim\u00e9e ? Suivrez-vous le m\u00eame chemin ? Aujourd\u2019hui, avec l\u2019histoire racont\u00e9e depuis ? Avec les traces \u00e9crites ? Ecririez-vous la m\u00eame histoire ? L\u2019\u00e9cririez-vous mieux ?<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Avec un esprit scientifique, de fa\u00e7on empirique, le narrateur nous expose cette deuxi\u00e8me histoire. Mais, attention, l\u2019auteur ne se joue pas de nous. Absolument pas. Au contraire, avec ce th\u00e9\u00e2tre d\u2019ombres chinoises, il ordonne le cheminement de son esprit avec beaucoup de rigueur !<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">D\u00e9but de l\u2019histoire : Le narrateur est un homme, devenu \u00e9crivain. Magdalena, une actrice, la femme aim\u00e9e. Au moment de leur rupture, Il \u00e9tait en train d\u2019\u00e9crire un livre sur leur histoire.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Son double se pr\u00e9sente, <b>\u00ab son visage \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du reflet du miens \u00bb<\/b>. Elle est l\u00e0, elle aussi, l\u2019actrice. Elle se nomme Lena dans cette nouvelle vie. Elle aime beaucoup les cimeti\u00e8res. Son double est vivant. <b>\u00ab Il m\u2019a salu\u00e9 de fa\u00e7on tout \u00e0 fait normale. \u00bb<\/b> Il a des tocs d\u2019\u00e9crivains, prend des notes. Il \u00e9crit \u00e9galement sur Lena. <b>\u00ab Le bonheur ne fait pas de bonnes histoires \u00bb<\/b>. Le narrateur raconte son histoire \u00e0 Lena ; il lui raconte comment il a connu Magdalena : ils ont escalad\u00e9 une pente raide en montagne, mais elle a voulu escalader plus haut. Lena a sa version. Magdalena n\u2019a pas voulu se d\u00e9shabiller dans le lac lors de leur premi\u00e8re randonn\u00e9e, et elle a continu\u00e9 sa route plus haut pour atteindre un sommet <b>\u00ab dont le nom lui plaisait \u00bb<\/b>.&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Elle l\u2019a sem\u00e9.&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Premi\u00e8re \u00e9preuve de force.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Est-ce qu\u2019il est tomb\u00e9 instantan\u00e9ment amoureux de Magdalena ? Un coup de foudre ? <b>Le \u00ab mythe cr\u00e9ateur \u00bb <\/b>?<b> \u00ab A force d\u2019\u00e9crire, j\u2019\u00e9tais devenu prudent avec les grands mots et les grands sentiments \u00bb.<\/b>\n<p><b>\u00ab M\u00eame quand nous \u00e9tions ensemble, j\u2019avais l\u2019impression qu\u2019elle jouait un r\u00f4le, non de fa\u00e7on d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, mais parce qu\u2019elle ne pouvait faire autrement \u00bb&nbsp;<\/b><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Ils vont dans un mus\u00e9e, Lena et lui, la femme aim\u00e9e ressuscit\u00e9e. Il contemple les<b> \u00ab butins de chasses soigneusement dispos\u00e9s, des renards morts \u00bb<\/b>. Sentiment d\u2019\u00e9puisement. Lena parle de <b>\u00ab calme apr\u00e8s la chasse \u00bb<\/b>.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Lena trouve l\u2019id\u00e9e belle qu\u2019il ait un double. Il n\u2019est pas d\u2019accord, <b>\u00ab c\u2018est comme si l\u2019on n\u2019\u00e9tait plus une personne compl\u00e8te, comme si on se dissolvait. \u00bb <\/b>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il continue \u00e0 raconter son histoire \u00e0 Lena, comment il s\u2019est \u00e9loign\u00e9 de son double \u00e0 Barcelone, quand il a eu envie de mettre un terme \u00e0 la vie de Chris, son double ; quand il est revenu dans sa ville, <b>\u00ab dans un pays \u00e9tranger \u00bb<\/b> : <b>\u00ab Je n\u2019avais pas besoin de preuves d\u2019une vie que j\u2019avais men\u00e9e et dont je me souvenais\u2026 Je revivais en pens\u00e9e le d\u00e9but de notre relation, une deuxi\u00e8me fois. Et mon d\u00e9sir de Magdalena redevint aussi fort qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque, au moment o\u00f9 elle m\u2019avait quitt\u00e9.\u00bb&nbsp;<\/b><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><b><\/b><br>Revenu dans sa ville, il \u00e9crit la premi\u00e8re phrase du livre qu\u2019il avait \u00e9crit seize ann\u00e9es plus t\u00f4t, au moment de leur rupture. Ce livre que Magdalena l\u2019avait encourag\u00e9 \u00e0 \u00e9crire \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Il l\u2019\u00e9crit \u00e0 nouveau mais lentement. <b>\u00ab Je n\u2019\u00e9tais pas press\u00e9\u2026 je comprenais qu\u2019amour et libert\u00e9 ne s\u2019excluaient pas mais conditionnaient que l\u2019un n\u2019\u00e9tait pas possible sans l\u2019autre.\u00bb <\/b><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Que devient cette nouvelle histoire ? Peut-elle prendre une autre tournure ? Une belle fin ?\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>De chapitre en chapitre, le narrateur d\u00e9voile un nouveau pan de sa conscience. Il revoit son histoire, suit le cours de ses pens\u00e9es. Une petite \u00e9tincelle qui aurait pu changer le cours de choses. Une autre histoire se d\u00e9ploie. Elle interagit avec l\u2019ancienne, mais s\u2019en s\u00e9pare aussit\u00f4t qu\u2019elle la rejoint, qu\u2019elle essaye d\u2019en modifier son cours. Son histoire d\u2019amour prend de l\u2019ampleur ou se disloque en images selon qu\u2019il soit loin ou proche de Magdalena.<\/p>\n<p>La conclusion de cette lecture est \u00e9videmment plurielle. Troublante. Une preuve empirique de la m\u00e9tamorphose des souvenirs est apport\u00e9e par l\u2019auteur mais je crois que toute personne qui essaye d\u2019approcher ses sentiments au plus pr\u00e8s, pour sonder pourquoi, comment elle a pris un chemin, peut faire l\u2019exp\u00e9rience que d\u00e9crit Peter Stamm.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, cette histoire est une all\u00e9gorie de la vie d\u2019un \u00e9crivain. Peter Stamm parle de toutes les ambivalences qui existent dans le processus cr\u00e9ateur, de ce tiraillement constant pour un \u00e9crivain entre la vraie vie et la vie que l\u2019on se raconte, l\u2019histoire que l\u2019on se construit. De la convergence de l\u2019une vers l\u2019autre. Dans un sens ou dans l\u2019autre. Il pose la question cruciale : comment donner naissance \u00e0 des textes vivants. Il nous montre que l\u2019histoire que l\u2019on se raconte prend une coloration autre quand l\u2019on s\u2019en \u00e9loigne. Il diff\u00e9rencie le livre que l\u2019on \u00e9crit sous contrainte avec le livre que l\u2019on souhaite \u00e9crire. Il s\u2019arr\u00eate sur les quelques rares v\u00e9rit\u00e9s tangibles dont il dispose pour avancer : le c\u00f4t\u00e9 irr\u00e9vocable d\u2019un livre. <b>\u00ab Il suffit de les poss\u00e9der, de les prendre dans ses mains et de savoir qu\u2019ils resteront toujours tels qu\u2019ils sont. \u00bb<\/b> Il nous parle des pi\u00e8ges de l\u2019amour et de l\u2019\u00e9criture, ce que l\u2019on d\u00e9sire poss\u00e9der. La domination, la jalousie. Il d\u00e9nonce l\u2019\u00e9criture productive, avec sc\u00e9nario. L\u2019\u00e9criture qui apporte le confort social. Il nous parle de l\u2019impossibilit\u00e9 de savoir \u00e0 l\u2019avance ce que l\u2019on va trouver quand l\u2019on \u00e9crit.<\/p>\n<p>Ce livre est \u00e9galement une all\u00e9gorie de la vie de tout diariste, ou de toute personne qui essaierait d\u2019approcher au plus pr\u00e8s ses sentiments pour sonder et s\u2019expliquer son propre parcours. Finalement le probl\u00e8me que ce livre pose est relativement universel : comment inscrire sa propre histoire dans l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9, avec ses \u00e9ternels recommencements.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Ce livre est un tr\u00e8s grand livre. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9e par la construction tr\u00e8s habile de l\u2019auteur, par son immense pouvoir hypnotique malgr\u00e9 une construction tr\u00e8s pens\u00e9e, tr\u00e8s structur\u00e9e. Il y a une ma\u00eetrise de la mise en abyme extraordinaire. Des phrases courtes ; chaque action a une signification, enrichit la personnalit\u00e9 du personnage. J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 la tr\u00e8s belle concision des descriptions quand il installe une atmosph\u00e8re. On y est, on chemine. Une route, un cimeti\u00e8re. Des immeubles gris et anonymes. Une route bord\u00e9e d\u2019entrep\u00f4ts, un paysage, un pont, des art\u00e8res. Une plage fr\u00e9quent\u00e9e par des gens du cru. Puis l\u2019\u00e9v\u00e9nement qui tranche et apporte une nouvelle coloration au souvenir, un steak qu\u2019un metteur en sc\u00e8ne brandit parce qu\u2019il n\u2019est pas assez saignant, des oiseaux qui ne sont pas des mouettes mais des pigeons. Magdalena qui veut que le narrateur signe son livre stock\u00e9 \u00e0 la biblioth\u00e8que centrale.\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quand Peter Stamm se pose une question m\u00e9taphysique, il ne se perd pas en philosophie creuse. Il ne discourt pas non plus en s\u2019attardant sur la psychologie de ses personnages. Il fait une exp\u00e9rience, une vraie : il prend son personnage, le plonge dans la bonne formule alchimique pour le confronter \u00e0 ses contradictions. Il met en action son personnage dans un environnement pr\u00e9cis, avec ses souvenirs du moment, avec ce qu\u2019il a retenu de son exp\u00e9rience pass\u00e9e. Il d\u00e9veloppe scientifiquement son texte. On est toujours dans l\u2019exp\u00e9rience avec Peter Stamm, la vraie ; avec des hypoth\u00e8ses pr\u00e9cises, dans un espace pr\u00e9cis, avec un historique donn\u00e9. Ce qui est flou c\u2019est le vrai flou, c\u2019est-\u00e0-dire les r\u00e9sultats de son exp\u00e9rience (enfin de celle du narrateur), les diff\u00e9rentes facettes de sa personnalit\u00e9 et les souvenirs qui ont travers\u00e9 le temps.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">C\u2019est l\u2019un des rares livres de cette rentr\u00e9e o\u00f9 le myst\u00e8re est compl\u00e8tement naturel. Un v\u00e9ritable tour de force dans l\u2019environnement litt\u00e9raire actuel !\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Puisqu\u2019il est d\u2019usage de parler de prix litt\u00e9ro-commerciaux \u00e0 cette saison, ce livre magistral qui pourtant a plusieurs strates de lectures possibles, n\u2019est pas dans beaucoup de listes (\u00e0 part pour le prix M\u00e9dicis) mais en r\u00e9alit\u00e9 je ne m\u2019en \u00e9tonne pas. On pourrait m\u00eame dire que s\u2019il ne fait pas partie des listes de prix, c\u2019est qu\u2019il n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre pouss\u00e9\u2026 Les personnages sont r\u00e9alistes, prennent vie d\u00e8s les premi\u00e8res pages ; et comme l\u2019\u00eatre humain est un animal social qui s\u2019attache aux personnages vivants, ce livre devrait plaire.<\/p>\n<p>Un excellent livre donc, qui esp\u00e9rons-le, saura toucher un large lectorat.<\/p>\n<p>Dans tous les cas, un livre \u00e0 garder dans sa biblioth\u00e8que \u2013 de fa\u00e7on irr\u00e9vocable, pour le toucher, le palper.<\/p>\n<p>Le relire.<\/p>\n<p>Il me semble que je suis relativement d\u2019accord avec la lecture (mais tant de lectures diff\u00e9rentes de ce livre riche sont possibles) de Florent Georgesco et d\u2019Arnaud Laporte sur certains points.<\/p>\n<p>Et pour finir, ce passage du livre de Christine singer,<i> \u00ab Une passion, entre ciel et chair \u00bb<\/i> : <span style=\"background-color: white; color: black; display: inline; float: none; font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: 16px; font-style: italic; font-variant: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; text-align: justify; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; word-spacing: 0px;\">\u00ab\u00a0<\/span><i>J\u2019ai deux m\u00e9moires, celle qui me retrace les \u00e9v\u00e9nements, leur encha\u00eenement dans le temps \u2013 et puis celle qui me restitue des \u00e9tats de conscience, l\u2019odeur, la saveur, les diff\u00e9rents \u00e9tats d\u2019\u00e2me et de corps. Univers dans lequel je m\u2019oriente les yeux ferm\u00e9s, humant, flairant, t\u00e2tant : ma vraie patrie, ma vraie vie.<br>La premi\u00e8re m\u00e9moire autrefois si aigu\u00eb commence \u00e0 se brouiller un peu mais la vigueur de la seconde est intacte. J\u2019ai m\u00eame l\u2019impression qu\u2019elle fait de la premi\u00e8re sa p\u00e2ture et s\u2018accro\u00eet au fur et \u00e0 mesure que l\u2019autre s\u2019ext\u00e9nue. <br>\u2026<br>J\u2019ai pass\u00e9 toutes les nuits derni\u00e8res \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir l\u2019amour \u2013 je dis \u00ab r\u00e9fl\u00e9chir \u00bb comme on le dit d\u2019un reflet d\u2019eau. Je n\u2019ai fait en somme qu\u2019offrir \u00e0 une interrogation passionn\u00e9e le miroir de mon attention. J\u2019ai attendu que s\u2019y dessine un contour. Mais le myst\u00e8re n\u2019en a pas \u00e9t\u00e9 entam\u00e9. Tout reste aussi incompr\u00e9hensible qu\u2019au premier jour. Je sens bien autour de moi cette vibration t\u00e9nue qui me r\u00e9v\u00e8le que la r\u00e9ponse m\u2019est proche, toute proche. Mais \u00e0 peine ai-je lanc\u00e9 les filets de mes mots pour la ramener au rivage que tout s\u2019esquive \u00e0 nouveau\u2026.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p><i>La douce indiff\u00e9rence du monde ; Peter Stamm ; Traduit de l\u2019allemand par Pierre Deshusses ; Editions Christian Bourgois.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/div>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la derni\u00e8re \u00e9mission d\u2019Arnaud Laporte, les membres de l&rsquo;\u00e9quipe de La Dispute s&rsquo;escrimaient au sujet du contenu de \u00ab\u00a0La douce indiff\u00e9rence du monde\u00a0\u00bb de Peter Stamm ; les uns trouvaient le roman facile \u00e0 raconter, les autres irracontable. 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