{"id":1126,"date":"2021-12-15T09:42:34","date_gmt":"2021-12-15T08:42:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=1126"},"modified":"2023-01-20T11:56:03","modified_gmt":"2023-01-20T10:56:03","slug":"les-peregrins-dolga-tokarczuk-editions-noir-sur-blanc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=1126","title":{"rendered":"Les p\u00e9r\u00e9grins d&rsquo;Olga Tokarczuk (Editions Noir sur Blanc)"},"content":{"rendered":"\n<p>Il faut imaginer un univers pour se repr\u00e9senter la r\u00e9alit\u00e9 de notre existence, raconter nos histoires, toutes nos histoires. Donner un sens \u00e0 nos d\u00e9sirs, <strong>\u00ab&nbsp;tendre vers quelque chose&nbsp;\u00bb. <\/strong>Parler de nos voyages, du syndrome des japonais \u00e0 Paris, de la psychologie de l\u2019\u00eele dans son \u00e9tat le plus primitif. Et de l\u2019\u00e9tat d\u2019avant. Avant &nbsp;la socialisation. Raconter l\u2019\u00e9norme ferry haut comme un immeuble. Entrer dans le ferry, y installer un professeur et sa femme \u2013 beaucoup \u2013 plus jeune. Il faut observer par la lorgnette toutes nos exp\u00e9riences pour embrasser le monde, pour se lier \u00e0 nos contemporains, interroger nos p\u00e9r\u00e9grinations, raconter l\u2019histoire de nos cellules sans cesse d\u00e9plac\u00e9es. Et il ne faut pas oublier que <strong>\u00ab&nbsp;Le but des p\u00e9r\u00e9grinations est d\u2019aller \u00e0 la rencontre d\u2019un autre p\u00e9r\u00e9grin.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il faut raconter toutes ces histoires dans un espace \u00e0 d\u00e9finir, et ensuite relier nos exp\u00e9riences. Mais <strong>\u00ab&nbsp;Ne serait-il pas mieux d\u2019attacher mon esprit avec une agrafe, de tirer vigoureusement les r\u00eanes et de pr\u00e9f\u00e9rer \u00e0 toutes ces histoires la simplicit\u00e9 d\u2019un cours magistral o\u00f9, phrase apr\u00e8s phrase, se clarifie une id\u00e9e qui, dans les paragraphes suivants, sera reli\u00e9e aux autres.&nbsp;\u00bb<\/strong> La question est l\u00e9gitime. Mais Olga Tokarczuk ne m\u00e9nage pas ses efforts pour \u00e9crire ce r\u00e9cit, pour raconter l\u2019histoire de nos corps en mouvement. L\u2019histoire de notre \u00e2me, de notre esprit, du moi. <strong>\u00ab&nbsp;Nous observons, mesdames et messieurs que le \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb humain s\u2019hypertrophie, devient de plus en plus distinct et pr\u00e9sent. Par le pass\u00e9, le \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb \u00e9tait discret, avait tendance \u00e0 s\u2019\u00e9clipser, \u00e0 rester soumis au collectif. Il \u00e9tait musel\u00e9 par les convenances\u2026&nbsp;Autrefois, les dieux \u00e9taient lointains, inaccessibles \u00e0 l\u2019homme. \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Olga Tokarczuk explore notre intimit\u00e9 contemporaine plurielle. Notre intimit\u00e9 corporelle. Nos d\u00e9placements physiques, nos d\u00e9placements sur le r\u00e9seau. Elle est novatrice en ce sens. Et classique aussi : elle tente de relier notre corps, notre \u00e2me, notre esprit, cet invariant anthropologique vieux comme le monde. L&rsquo;intuition, la libre interpr\u00e9tation, le t\u00e2tonnement sont caract\u00e9ristiques de son \u00e9criture. La narratrice qui nous raconte toutes ces histoires jette comprim\u00e9 effervescent sur comprim\u00e9 effervescent dans notre cerveau, comme ces <strong>\u00ab&nbsp;mots sans rapport ni avec une nuit d\u2019insomnie ni avec la journ\u00e9e bien charg\u00e9e. Il y a quelque chose qui fait des \u00e9tincelles dans ses neurones, les impulsions se propagent, bondissent de place en place.&nbsp;\u00bb<\/strong> &nbsp;Elle allume tant d\u2019\u00e9tincelles que ce livre devient une obsession. &nbsp;Chaque sujet est &nbsp;creus\u00e9 dans une logique narrative pouss\u00e9e, m\u00eame les sujets les plus rebutants. Comme lorsqu&rsquo;elle s\u2019attaque \u00e0 la conservation des corps depuis le c\u0153ur de Chopin, en passant par la jambe gauche amput\u00e9e de Philippe Verheyen au 17\u00e8me si\u00e8cle, <strong>\u00ab&nbsp;de l&rsquo;obsession. Elle est tr\u00e8s positive. Nous n&rsquo;ignorons pas que l&rsquo;obsession peut nous d\u00e9truire, mais \u00e0 mon sens, l&rsquo;obsession est simplement une mani\u00e8re de concentrer l&rsquo;\u00e9nergie sur un point donn\u00e9. Elle peut \u00eatre douloureuse, mais aussi \u00e9minemment fructueuse .&nbsp;\u00bb <\/strong>Olga Tokarczuk fait confiance \u00e0 l\u2019obsession comme on fait confiance \u00e0 un incipit, \u00e0 l\u2019obsession qui \u00e9claire une premi\u00e8re page. Quand une obsession la gagne, elle la creuse jusqu\u2019\u00e0 \u00e9puiser son sujet. C\u2019est en saturant, en inondant l\u2019esprit que les id\u00e9es nouvelles surgissent.&nbsp;Il y a beaucoup de paraboles dans l\u2019\u00e9criture d\u2019Olga Tokarczuk. Et elle pousse la logique de ses paraboles jusqu\u2019au bout, jusque dans sa fa\u00e7on de d\u00e9rouler son r\u00e9cit. Elle construit son arche de No\u00e9 pour \u00e9chapper au d\u00e9luge des id\u00e9es fig\u00e9es parasites. O.T. revisite tous les mythes fondateurs avec un regard neuf.<\/p>\n\n\n\n<p>La structure narrative fort ing\u00e9nieuse qu\u2019elle adopte dans ce livre lui permet de red\u00e9finir plusieurs fois son espace topologique, et c\u2019est ce qui en fait l&rsquo;unit\u00e9 id\u00e9ologique. Sa d\u00e9marche est scientifique. Elle jongle entre exp\u00e9rience et essai. Et \u00e0 chaque fois, elle se repositionne. Elle aborde une multitude de th\u00e8mes dans une multitude d&rsquo;espaces, tout en maintenant une structure sym\u00e9trique classique dans son livre, avec une courbe en cloche. Au sommet, au milieu du texte, l\u2019obsession \u00e9rig\u00e9e en grande v\u00e9rit\u00e9, puis la deuxi\u00e8me partie qui se raccorde aux histoires ouvertes dans la premi\u00e8re. Tout en construisant cette structure fort complexe, une grande unit\u00e9 se d\u00e9gage et une souplesse d\u2019esprit \u00e9tonnante s\u2019articule. Ce qui g\u00e9n\u00e8re un texte extraordinaire, rempli de stupeur et d\u2019\u00e9tonnement. Un texte o\u00f9 des lignes topographiques \u00e9mergent, se dessinent, invitent le lecteur \u00e0 se lier au monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette lecture-p\u00e9r\u00e9grination, le corps est sans cesse bouscul\u00e9. On recule, on avance par curiosit\u00e9, on s\u2019\u00e9tonne. La stupeur nous saisit. Une grande part de libert\u00e9 est donn\u00e9e (rendue) au lecteur \u00e0 travers cette tr\u00e8s belle traduction de Grazyna Erhard. Il y a une tractation permanente entre la narration et l\u2019espace qui la g\u00e9n\u00e8re qui se tirent l\u2019un l\u2019autre. O.T. fait de cet espace, un espace de jeu, un espace d\u2019exp\u00e9rience, de r\u00e9flexion. La perception de l\u2019espace est reli\u00e9e \u00e0 notre imaginaire, et O.T. \u00a0redessine sans arr\u00eat cette perception. Elle \u00e9largit sans cesse notre domaine de r\u00e9flexions, aussi bien en l&rsquo;\u00e9tendant, le d\u00e9formant qu&rsquo;en g\u00e9n\u00e9rant l&rsquo;\u00e9closion d&rsquo;angles de vue. Elle multiplie les exp\u00e9riences, m\u00eale essais et narration, mais donne aussi des clefs de lecture \u00e0 travers une multitude de m\u00e9tatextes \u00e9clairants. <strong>\u00ab\u00a0L\u2019acquisition des connaissances par strates successives\u00a0; chaque couche ressemble, mais seulement \u00e0 grands traits, \u00e0 la suivante ou \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente, le plus souvent, elle en est une variation, une version modifi\u00e9e, qui vient contribuer \u00e0 l\u2019ordre de l\u2019ensemble, encore que l\u2019on ne peut pas s\u2019en rendre compte lorsqu\u2019on les examine s\u00e9par\u00e9ment, une par une, sans se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l\u2019ensemble.\u00a0\u00bb <\/strong>Elle s\u00e8me des r\u00e9cits embryonnaires dans des lieux g\u00e9ographiques \u00e9loign\u00e9s qui \u00e9voluent avec leur propre vitesse, leur propre viscosit\u00e9, se densifient. Et des lignes de lectures topographiques finissent par \u00e9merger, malgr\u00e9 l&rsquo;aspect non lin\u00e9aire de son r\u00e9cit, lui conf\u00e9rant ainsi une unit\u00e9 qui colle \u00e0 notre r\u00e9alit\u00e9 contemporaine, une unit\u00e9 que je n\u2019ai encore jamais lue dans un r\u00e9cit \u00e0 l\u2019apparence si fragmentaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi rebutants soient-ils, les r\u00e9cits tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9s des m\u00e9thodes de conservation d\u2019anatomies humaine et animale, d\u2019organes, sont racont\u00e9es avec une plume d\u2019une grande pr\u00e9cision, d\u2019une \u00e9l\u00e9gance exemplaire. Elles ont le m\u00e9rite de nous questionner sous forme d\u2019images bien nettes sur des sujets contemporains universels. Sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 des races, des sexes, des esp\u00e8ces. Les multiples parall\u00e8les qu\u2019O.T. dresse entre nos croyances religieuses et nos croyances profanes vont \u00e9galement dans ce sens. Nos mythes fondateurs sont revisit\u00e9s, extrapol\u00e9s, et \u00e9galement des sujets contemporains comme la notion d\u2019individuation. Il y a dans ce livre mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, et quantit\u00e9 de sujets philosophiques pour les d\u00e9cennies \u00e0 venir. Depuis l\u2019infiniment petit \u00e0 l\u2019infiniment grand.<\/p>\n\n\n\n<p>Aucun jugement de valeur chez les personnages que l\u2019on c\u00f4toie ici. Mais parfois, des situations cocasses. Beaucoup de personnages font sourire. Comme Anouchka et son temp\u00e9rament d\u2019\u00e9crivaine (ceci est mon interpr\u00e9tation\u2026) qui d\u00e9cide de ne pas rentrer chez elle o\u00f9 elle a laiss\u00e9 son enfant handicap\u00e9, et marche sur les pas des marginaux. Ou le docteur Brau qui prend des photos de jeunes \u00e9tudiantes nues et se retrouve pris au pi\u00e8ge de la s\u00e9duction avec une femme bien plus \u00e2g\u00e9e qui d\u00e9tient les recettes de conservation de corps l\u00e9gu\u00e9es par son mari d\u00e9funt. Ou encore Kunicki qui a perdu femme et enfant dans l\u2019\u00eele VIS (Visible Imaging System), et maintenant <strong>\u00ab&nbsp;se sent tout dr\u00f4le&nbsp;\u00bb<\/strong> dans <strong>\u00ab&nbsp;cette biblioth\u00e8que situ\u00e9e au c\u0153ur de la ville, dans des b\u00e2timents anciens cernant une petite cour int\u00e9rieure, magnifiquement restaur\u00e9e apr\u00e8s l\u2019inondation.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On referme ce livre en prenant conscience un peu plus de l\u2019\u00e9norme impasse litt\u00e9raire dans laquelle la litt\u00e9rature fran\u00e7aise s\u2019est engouffr\u00e9e. J\u2019ai parfois pens\u00e9 \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=147\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=147\">Iouri Bou\u00efda<\/a>, qui jongle \u00e9galement avec les \u00e9poques, multipliant les paraboles universelles. Ce livre rejoint mon rayon pr\u00e9cieux de litt\u00e9rature contemporaine dans lequel je m\u2019abreuve. On voit l\u00e0 \u00e9merger \u00e0 travers ces r\u00e9cits, une forme de narration, qui pourrait \u00eatre un embryon de litt\u00e9rature europ\u00e9enne. O.T. s\u2019attaque \u00e0 tous les verrous narratologiques qui bloquent l\u2019\u00e9closion d\u2019id\u00e9es neuves et font que le mim\u00e9tisme d\u2019un livre \u00e0 l\u2019autre perdure. Tous ces livres vides de d\u00e9sirs, vides d\u2019obsessions. Ce qui est remarquable dans l\u2019\u00e9criture d\u2019Olga Tokarczuk, c\u2019est que de toute part les id\u00e9es fusent, d\u00e9construisent, abattent des digues&nbsp;; mais jamais je ne me suis sentie si pr\u00e8s de toute femme, animal, homme. Elle d\u00e9montre de fa\u00e7on empirique l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes, des genres. Elle d\u00e9nonce le voyeurisme, l\u2019individualisme, le capitalisme. Elle d\u00e9verrouille toutes les d\u00e9ductions psychanalytiques automatiques. La pluralit\u00e9 est dans le savoir. L\u2019unicit\u00e9 est dans le corps. Tous semblables, faut-il le rappeler&nbsp;? L\u2019\u0153uvre d\u2019Olga Tokarczuk est humaniste. V\u00e9ritablement humaniste. Elle englobe sous un coup d\u2019aile ample et ambitieux, avec une dext\u00e9rit\u00e9 \u00e9tonnante, un univers immense, o\u00f9 tout un chacun se pose l\u2019\u00e9ternelle question&nbsp;: qu\u2019est-ce \u00eatre au monde&nbsp;? <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tonnement, d\u2019\u00eatre ici, d\u2019\u00eatre au monde, c\u2019est la petite fille qui ouvre ce roman qui nous le raconte&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai cinq ou six ans. Je suis assise sur l\u2019appui de la fen\u00eatre et je regarde mes jouets \u00e9parpill\u00e9s\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les p\u00e9r\u00e9grins ; Olga Tokarczuk ; Editions Noir sur blanc ; 2010.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il faut imaginer un univers pour se repr\u00e9senter la r\u00e9alit\u00e9 de notre existence, raconter nos histoires, toutes nos histoires. Donner un sens \u00e0 nos d\u00e9sirs, \u00ab&nbsp;tendre vers quelque chose&nbsp;\u00bb. 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