{"id":101,"date":"2019-07-11T07:41:00","date_gmt":"2019-07-11T05:41:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=101"},"modified":"2020-11-22T20:17:05","modified_gmt":"2020-11-22T19:17:05","slug":"les-cendres-du-pere-de-marco-carbocci-editions-la-ptite-helene","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=101","title":{"rendered":"Les cendres du p\u00e8re de Marco Carbocci (Editions La P&rsquo;tite Hel\u00e8ne)"},"content":{"rendered":"<div style=\"clear: both; text-align: center;\"><a style=\"clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;\" href=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-EltW9V0jM7E\/XSbWoTji72I\/AAAAAAAAFf4\/zV4sy_XbKWUfKBwVxFH6-THBPmcTTChqwCLcBGAs\/s1600\/Lescendresdup%25C3%25A8re2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-EltW9V0jM7E\/XSbWoTji72I\/AAAAAAAAFf4\/zV4sy_XbKWUfKBwVxFH6-THBPmcTTChqwCLcBGAs\/s320\/Lescendresdup%25C3%25A8re2.png\" width=\"210\" height=\"320\" border=\"0\" data-original-height=\"822\" data-original-width=\"540\"><\/a><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: large;\"><br>Marco Carbocci est un solitaire. Quelle banalit\u00e9, me direz-vous : un \u00e9crivain solitaire, quoi de plus commun. Mais la solitude de Marco Carbocci est une solitude sous contrainte. Elle se d\u00e9ploie dans une g\u00e9ographie particuli\u00e8re ; elle s\u2019\u00e9prouve, se vit <b>\u00ab dans les collines. L\u2019histoire de la terre rouge de Toscane et de la poussi\u00e8re et du vent et des orages. Et il me semblait que tout s\u2019achevait l\u00e0. Qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019autre existence, d\u2019autre fuite et d\u2019autre conclusion que celles-ci. \u00bb<\/b> (extrait de \u00ab <a href=\"https:\/\/lapagederita.blogspot.com\/2019\/02\/sur-les-epaules-du-fleuve-de-marco.html\">Sur les \u00e9paules du fleuve <\/a>\u00bb)&nbsp;<\/span><br><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: large;\"><br><\/span>\n<div><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: large;\">Commen\u00e7ons donc par un sentier, un sentier de maquis : <b>\u00ab Nous \u00e9tions tous les quatre \u00e0 Calamoresca, ce soir-l\u00e0. J\u2019\u00e9tais demeur\u00e9 au sommet de la butte, fumant, pensant \u00e0 des choses \u00e0 moi. Les autres avaient fil\u00e9 tout droit sur le sentier qui d\u00e9gringole jusqu\u2019\u00e0 la plage de galets. \u00bb<\/b><\/span><\/div>\n<p><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: large;\"><br>C\u2019est sur ce sentier qui nous embaume de senteurs ent\u00eatantes et d&rsquo;humeurs m\u00e9lancoliques que l\u2019auteur chemine. Ce sentier m\u00e8ne \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 les cendres du p\u00e8re se d\u00e9verseront <b>\u00ab dans un renfoncement du chemin, une petite ravine d\u2019aub\u00e9pine et de pierrailles \u00bb<\/b>. <!--more-->Le sentier de Marco, je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 <a href=\"https:\/\/lapagederita.blogspot.com\/2019\/02\/sur-les-epaules-du-fleuve-de-marco.html\">emprunt\u00e9<\/a>, et je sais qu\u2019il alterne immobilit\u00e9 et mouvement, avec les mots. Ce sont les mots qui guident. Je sais que c\u2019est la m\u00e9taphysique des mots qui cr\u00e9e le mouvement et le mouvement d\u00e9sordonn\u00e9 du monde qui provoque l\u2019immobilit\u00e9 \u2013 rappelons que l\u2019auteur est philologue. Et je sais que ses mots m\u2019emporteront \u00e0 nouveau, pour encore repartir sur le sentier. En r\u00e9alit\u00e9, ce sentier vous embaumera et la solitude de son \u00e2me vous ensevelira, exactement comme quand les senteurs, la touffeur de l\u2019air, le verdoyant et le sirupeux vous enveloppent les sens, encore et encore. C\u2019est un paysage touffu, une langue touffue. Un paysage de maquis, une langue qui exsude le monde. La m\u00e9lancolie. Les perp\u00e9tuelles interrogations, les ruminations. C\u2019est la recherche d\u2019un po\u00e8te qui a jadis r\u00eav\u00e9 le monde, et qui aujourd\u2019hui dans son rapport \u00e0 soi-m\u00eame s\u2019\u00e9bouillante le cerveau de mille pens\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 atteindre cette fatigue, comme quand l\u2019on est aspir\u00e9 par une saturation des sens. Et soudain ces mots d\u00e9versent un petit puits de po\u00e9sie. Une pluie magique. <\/span><\/p>\n<p><b>\u00ab C\u2019\u00e9tait soudain le besoin de m\u2019y mesurer encore, de prendre mon b\u00e2ton de forestier et de me laisser \u00e9treindre par le maquis, de m\u2019y \u00e9garer en lui claquant mon impertinence \u00bb <\/b><\/p>\n<p>Marco Carbocci est un po\u00e8te qui se cherche dans les mots, qui travaille son texte dans le creusement et dans le face \u00e0 face avec les mots. Ce texte touche parfois une forme de beaut\u00e9 lunaire, quelque chose de brillant et de rocailleux, comme pour suspendre enfin cette rumination qui n\u2019en finit pas. Et enfin, le ciel se d\u00e9chire, et une nouvelle page peut s\u2019\u00e9crire, avec toujours ces mots qui emportent le narrateur dans un coin, recoin \u2013 mais peut-\u00eatre plus apais\u00e9 cette fois-ci ; les cendres du p\u00e8re ne sont pas bien loin. Elles sont en quelque sorte les garantes d\u2019un ordre qui se construit. Un ordre fait de bribes que l\u2019on recueille pour forcer une image \u00e0 dire ce qu\u2019elle a \u00e0 dire. Et pour recueillir ces images, il faut aller au bout du trajet jusqu\u2019\u00e0 la saturation. Et quelle saturation mes amis ! De senteurs, d\u2019humeurs, de vacuit\u00e9, de splendeur. <b>\u00ab \u2026 dans l\u2019eau : du bleu, du sombre et un reste de jour, tranquille et scintillant comme une mar\u00e9e d\u2019\u00e9toiles. \u00bb <\/b><\/p>\n<p>Le th\u00e8me de la solitude revient donc fr\u00e9quemment. La solitude devant la foule. La meute, les autres. Les r\u00e9gimes totalitaires. Le fascisme \u00e9tant ce que l\u2019on a produit de pire pour engendrer des mouvements de foule. Et il y a \u00e9galement ces lieux de rassemblement, importants pour la m\u00e9moire ouvri\u00e8re. Les souvenirs \u00e0 reconstruire, lors de ce p\u00e8lerinage dans les espaces que son p\u00e8re a occup\u00e9 quand il travaillait dans le secteur de la sid\u00e9rurgie. Ce caf\u00e9 l\u2019Imperia, maintenant disparu :<\/p>\n<p><b>\u00ab J\u2019essayais de me convaincre, mais ne pouvais m\u2019emp\u00eacher de ruminer mollement ma d\u00e9convenue.<br>Moi, ce que je voulais, c\u2019\u00e9tait entendre le compagno-patron de l\u2019Imperia me dire comment \u00e9taient les choses autrefois. Par exemple, je voulais qu\u2019il me raconte encore une fois, affectant de baisser la voix comme un conspirateur, comment les ouvriers s\u2019attardaient derri\u00e8re la porte des toilettes pour descendre leur verre de grappa et comment lui-m\u00eame leur faisait passer la ration de la mi-journ\u00e9e, en fraude, jusque dans l\u2019atelier. <\/b><\/p>\n<div><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: large;\"><b>\u2026&nbsp;<\/b><\/span><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: large;\"><b>L\u2019imagination, d\u00e9cr\u00e9tais-je, devait demeurer mon guide durant ce p\u00e8lerinage \u00e0 Piombino. Je ne m\u2019inqui\u00e9tais pas \u00e0 cet \u00e9gard : je disposais de pas mal de r\u00e9serves. Je ne pouvais m\u2019emp\u00eacher de songer cependant qu\u2019il y avait quelque chose de contradictoire dans le d\u00e9roulement de mon p\u00e9riple. \u00bb<\/b><\/span><\/div>\n<p><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: large;\"><br>Marco Carbocci est un conteur lucide. Mais pas trop. Il ne veut pas affronter la d\u00e9convenue du tissage abscons, mais ne d\u00e9sire pas non plus repartir bredouille de son p\u00e9riple. Et alors l\u2019histoire commence. Affronter son imagination, c\u2019est aussi affronter son moi, et l\u2019on retrouve apr\u00e8s le nous collectif, l\u2019auteur qui dresse un mur entre lui et les autres, le Marco Carbocci qui convoque son intransigeance lib\u00e9ratrice d\u2019o\u00f9 coulent les mots. <\/span><\/p>\n<p><b>\u00ab Alors, de nouveau, je me sentais maussade dans le pays de mon p\u00e8re. Je me branchais sur l\u2019option centenaire et lugubre. Avais-je s\u00e9rieusement \u00e9prouv\u00e9 de l\u2019identit\u00e9, de l\u2019appartenance, de l\u2019apaisement ? Cela m\u2019\u00e9tait pass\u00e9. Je convoquais maintenant de l\u2019intransigeance. Et des mots me venaient enfin. \u00bb <\/b><\/p>\n<p>Et puis au c\u0153ur du livre, surgissent ses grandes v\u00e9rit\u00e9s. N\u2019allez pas imaginer des le\u00e7ons ou des \u00e9clats de col\u00e8re pouss\u00e9s par un exc\u00e8s de pros\u00e9lytisme. Ce sont ici des histoires longtemps rumin\u00e9es, ces humiliations du quotidien qui roulent en boule au fond du ventre. Pendant ce p\u00e8lerinage qui replonge le narrateur dans son enfance, dans ses histoires d\u2019amour, quelques grandes v\u00e9rit\u00e9s. Allez, une que j\u2019aime bien sur cette suppos\u00e9e identit\u00e9 nationale :<\/p>\n<p><b>\u00ab Ensuite, on t\u2019enseignera, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la magnifique universalit\u00e9 des tables de multiplications, du Dow Jones, de la culture d\u2019entreprise et des valeurs occidentales, l\u2019inou\u00efe particularit\u00e9 de ta nouvelle identit\u00e9 nationale. Et on t\u2019obligera \u00e0 apostasier tes racines, \u00e0 grimer ta pratique de la vie de celle de ton pays d\u2019accueil.<br>S\u00e9rieusement ? Mais qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire ? Et que vaut un homme sans racines ou qui sacrifie \u00e0 ces racines de substitution ?<br>\u2026<br>Parce qu\u2019au bout du compte, on ne manifeste jamais que soi-m\u00eame. On manifeste ce qui nous constitue au plus intime de nos traditions, de notre m\u00e9moire. M\u00eame s\u2019il faut pour cela se d\u00e9guiser. Au mieux, on ne manifestera qu\u2019une imitation des autres, mais ce sera encore ce que l\u2019on a de plus pertinent \u00e0 dire \u00e0 propos de soi-m\u00eame. Les autres et soi-m\u00eame : voil\u00e0 le seul myst\u00e8re et le seul d\u00e9fi qui comptent. \u00bb<\/b><\/p>\n<p>Poursuivons le chemin de l\u2019ascension cette fois-ci. Depuis la c\u00f4te vers les hauteurs du village : <b>\u00ab Le soleil bombardait la rue en oblique et tirait des fa\u00e7ades une fragile ombre rousse. Les rares passants que je croisais se faufilaient dans ce filet d\u2019ombre\u2026 De petits \u00e9clats de voix, des g\u00e9missements, des hoquets de rires raisonnaient \u00e7\u00e0-et-l\u00e0 depuis les appartements. \u00bb<\/b><\/p>\n<p>Le roman prend alors une tournure sociologique et philosophique. Le soixante-huitard \u00e9cul\u00e9 en prend pour son grade. Y est abord\u00e9 cette ritournelle de bien-pensance qui anesth\u00e9sie les corps. Il est aussi question de l\u2019impertinence et de la bravade.<\/p>\n<p><b>\u00ab J\u2019ai admis qu\u2019une raison de s\u2019exalter ou de se rebeller \u00e0 l\u2019adolescence devrait demeurer une raison de s\u2019exalter ou de se rebeller \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. Que cette raison, de toute mani\u00e8re \u2013 toute narcissique et pu\u00e9rile qu\u2019elle se manifeste \u2013 ne sera jamais aussi st\u00e9rile que ce qui anime les politicards, les philosophes m\u00e9diatiques et toute la coterie de bonimenteurs qui n\u2019a jamais aucune indulgence pour les autres et en publie des encyclop\u00e9dies enti\u00e8res \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019elle-m\u00eame. \u00bb&nbsp;<\/b><br><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: large;\"><b><br><\/b><\/span><\/p>\n<div><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: large;\">Puis, apr\u00e8s avoir rencontr\u00e9 la Val\u00e9ria du <a href=\"https:\/\/lapagederita.blogspot.com\/2019\/02\/sur-les-epaules-du-fleuve-de-marco.html\">premier roman<\/a>, la jonction avec le pass\u00e9 para\u00eet plus claire, en route pour les<b> \u00ab chemins de caillasse et de ronces o\u00f9 le d\u00e9tachement de soi est une \u00e9vidence et la solitude un privil\u00e8ge \u00bb<\/b> Et croyez-moi, Marco Carbocci excelle dans ce registre. Seul dans le maquis. Le retour aux sources apr\u00e8s avoir <b>\u00ab mis le pilote automatique\u2026 d\u00e9fini sagement le p\u00e9rim\u00e8tre o\u00f9 d\u00e9loger mes fameux fant\u00f4mes. Je les ai align\u00e9s, d\u00e9gomm\u00e9s, esquiv\u00e9s l\u2019un derri\u00e8re l\u2019autre. Mais, inconsciemment, je n\u2019ai jamais cess\u00e9 de le savoir : il y a au-del\u00e0 de ce p\u00e9rim\u00e8tre quelque chose de moche et de contraignant que je ne suis vraisemblablement toujours pas en mesure d\u2019affronter. \u00bb<\/b> Et un peu plus loin :&nbsp;<\/span><br><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: large;\"><br><\/span><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: large;\"><b>\u00ab J\u2019ai toujours aim\u00e9 passionn\u00e9ment le maquis de Toscane. J\u2019aime ce qui l\u2019habite : ses saveurs, ses nuances, sa rudesse et les mille bruissements qui le font murmurer comme un grand corps extravagant en train de r\u00eavasser sur la colline \u00bb<\/b><\/span><\/div>\n<p><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: large;\"><br>Vient alors l\u2019heure des r\u00e9conciliations. Ce qui reste des souvenirs, la vie d\u2019apr\u00e8s, le r\u00eave singulier de la grande maison vaste d\u2019o\u00f9 l\u2019on contemple les barques sur le golfe o\u00f9 il s\u2019installerait avec Anja, son ex-compagne. Il y a quelque chose qui se d\u00e9noue, apr\u00e8s l\u2019affrontement avec les fant\u00f4mes. Les d\u00e9convenues, les pertes de rep\u00e8re, les affreuses m\u00e9tamorphoses capitalistes d\u00e9primantes de l&rsquo;Italie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Et voici que surgit l\u2019engagement politique du p\u00e8re, son emprisonnement. Toutes ces quelques pi\u00e8ces \u00e0 conviction de cette vie pass\u00e9e se remettent \u00e0 vivre dans un nouveau cadre, avec un sentiment plus serein. Sans anxi\u00e9t\u00e9. La rencontre amoureuse du p\u00e8re et de la m\u00e8re, les ann\u00e9es cha-cha-cha (un lexique des chansons diss\u00e9min\u00e9es dans le texte se trouve en fin de volume). Et pourquoi ne pas se projeter dans le futur aussi en observant le couple de vieux qui se baignent ensemble en bas ? Le narrateur, se projette apr\u00e8s avoir \u00e9gren\u00e9 ses fant\u00f4mes depuis les hauteurs de son village. Apr\u00e8s ce p\u00e9riple sinueux.<\/span><\/p>\n<p>Pour finir, ce tr\u00e8s beau passage, parce que cette histoire familiale est aussi une histoire de mots. Ce sont les mots qui guident le narrateur pour d\u00e9rouler son histoire. L\u2019encre de Marco Carbocci est une encre dense, po\u00e9tique qui s\u2019impr\u00e8gne de l\u2019humeur du feuillage pour s\u2019y d\u00e9verser aussit\u00f4t. Ce m\u00eame feuillage qui a accueilli les cendres du p\u00e8re.<\/p>\n<p><b>\u00ab Il fallait s\u2019arr\u00eater, consid\u00e9rer un moment ce corridor de feuillage et d\u2019\u00e9pines, pour se sentir parcouru d\u2019un fr\u00e9missement qui n\u2019appartient qu\u2019\u00e0 la vie dans les collines. Il fallait regarder le ciel, puis se retourner et r\u00e9aliser qu\u2019il se d\u00e9robait insensiblement derri\u00e8re la ramure des grands pins parasols.<br>\u2026<br>D\u00e8s que je me fus trouv\u00e9 \u00e0 l\u2019abri du bois, l\u2019air devint souple comme une soie. Ce n\u2019est pas que la canicule se f\u00eet plus cl\u00e9mente, mais elle n\u2019a pas la m\u00eame saveur sous la carapace des arbres. Elle est part du maquis. Elle est sa respiration et l\u2019on s\u2019en accommode.<br>Le soleil qui per\u00e7ait par endroit faisait scintiller les aiguilles des buissons. Sur le sol, de grosses t\u00e2ches de clart\u00e9 \u00e9blouissaient de leur blancheur de neige. Des oiseaux palabraient dans la futaie. Ils venaient go\u00fbter un peu de l\u2019ombre du sous-bois, puis remontaient d\u00e9blat\u00e9rer le reste de leur vie dans les cimes. Les broussailles revenaient \u00e0 ce qui rampe et se faufile. \u00bb<\/b><\/p>\n<div><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: large;\">&nbsp;<\/span><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div><span style=\"font-family: 'georgia' , 'times new roman' , serif; font-size: large;\"><i><a href=\"https:\/\/www.laptiteheleneeditions.com\/boutique\/les-cendres-du-pere.html\">Les cendres du p\u00e8re<\/a> ; <a href=\"https:\/\/marcocarbocci.wixsite.com\/lescendresdupere\">Marco Carbocci<\/a> ; Editions La P&rsquo;tite Hel\u00e8ne ; septembre 2019.<\/i><\/span><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marco Carbocci est un solitaire. Quelle banalit\u00e9, me direz-vous : un \u00e9crivain solitaire, quoi de plus commun. 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L\u2019histoire de la terre rouge de Toscane et de la poussi\u00e8re &hellip; <a href=\"https:\/\/www.lapagederita.com\/?p=101\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Les cendres du p\u00e8re de Marco Carbocci (Editions La P&rsquo;tite Hel\u00e8ne)&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15,6],"tags":[],"class_list":["post-101","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-editions-la-ptite-helene","category-livres-lus"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/101"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=101"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/101\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":371,"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/101\/revisions\/371"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=101"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=101"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lapagederita.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=101"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}